Bridget version made in Algeria
Coup de gueule
Bridget version made in Algeria
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Coup de gueule
Créé le :
06 juin 2007 00h00 par alilad
Modifié le :
11 juil. 2008 19h30
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36 fois
Description :
Ceci est un blog rempli d'histoires à dormir debout. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations réelles..... n'est pas fortuite . Bonne lecture si vous avez le courage bien sûr.
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| Créé le : |
11 juil. 2008 19h30
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C’est l’histoire d’un homme, que
je baptiserai « Prince ». Il vivait dans un château dont il ne
sortait jamais. Sa mère autrefois lui a raconté la légende de cet enfant sorti
de chez lui et qui n’est jamais revenu, avalé par les monstres qui hantent la
forêt entourant le château de Prince .
De vagues souvenirs lui revenaient en cauchemars la nuit,
lui faisant rappeler une vie antérieure
dont il ne connaissait d’elle qu’une ombre lointaine, accompagnée d’odeurs, de
celles qui vous serrent le cœur dès que vous la sentez car faisant vivre
l’instant d’un moment des souvenirs enfouis.
Sa maman partie, Prince esseulé,
n’eut que les murs comme voisins et ses oiseaux comme seuls compagnons de vie.
Il vécut longtemps ainsi.
Mais, me diriez vous, comment
faisait-ils pour se nourrir. Et bien je ne le sais pas du tout, ce que je sais,
c’est que chaque matin, on déposait au seuil de sa porte un panier chargé de
nourritures préparées. Longtemps, il croyait que c’était sa mère qui venait la
lui déposer, car rongée par le remord de l’avoir abandonné dans ce château
glacial.
Il eu à sa mère un sentiment
ambigu, il n’a pas su la détester, ni l’aimer, il ne la connaissait pas pour
avoir un semblant de sentiment envers elle.
Très vite les souvenirs de son
enfance l’abandonnèrent, pour ne laisser place qu’au présent, sa seule
politique, vivre le présent même s’il fallait le vivre entre quatre murs, en
attendant un futur improbable, un futur qu’il voyait sans images.
Dans une des ailes du château, se
trouvait une très grande salle, pleine de livres, les murs en était tapissés à
perte de vue. Là était son seul univers, sa seule évasion. Lorsqu’il finit de
« dévorer » le mot n’est pas assez fort, tous les livres des
étagères, ces dernières se renouvelaient à nouveau le lendemain. Il ne s’est
jamais posé de questions, ça lui semblait normal car toutes les bibliothèques
étaient ainsi, pensait-il.
Ainsi, il fait de son esprit un
empire de culture, sevré de connaissances, une richesse intérieure dont il
n’avait pas conscience.
Il rêvait des fois d’enfreindre
les lois du château, de trahir le serment donné dont il n’a pas souvenance, et
aller loin la bas, là ou ses livres emportent son esprit.
Il n’eut jamais ce courage. Il
attendait l’instant propice, l’instant ou la peur, sa fidèle compagne, sa
« maîtresse » comme il l’aime à la décrire, lui fausse compagnie ne
serait-ce qu’une journée, qu’une heure.
Un jour, pendant son sommeil, il
fut réveillé par un cri, une lamentation plutôt, dont il ne reconnut pas le
sens. Il n’était familier qu’aux sons des chants d’oiseaux et à sa voix quand
il se prenait à les accompagner.
Ces lamentations lui procuraient
quelques sensations de gêne, de peur, puis de révolte. Une injustice s’augure
pas très loin de son château, et lui, incapable du moindre courage Il se
recroquevilla dans son lit, se boucha les oreilles, s’en voulant à mort pour
autant de lâcheté, pensait-il.
Les lamentations se firent plus
insistantes nuit après nuit . Prince, s’en détournait, non sans avoir maudit le jour de sa
naissance, lui qui ne servait à rien, une chaire ambulante maugréa-t-il tout au
fond de lui.
Une nuit, il fit un songe dans
lequel, pour la première fois de sa vie, il vit une belle jeune femme tout de
blanc vêtue. Elle s’approcha de lui et lui tendit la main, son visage rayonnait
d’un sourire angélique orné de jolies fossettes qui venait embellir son doux et
beau visage.
Elle posait un regard serein et
plein d’humilité à Prince, il eu une drôle de sensation, un étrange sentiment
faisait battre son cœur endormi. Prince était partagé entre la crainte et
l’envie de céder à cette main tendue.
Il tendit lentement la sienne et
subitement, comme surgissant de nulle part, une ombre noire vint s’emparer de
la belle jeune femme et s’en alla rapidement laissant derrière elle un courant
d’air froid qui fit réveiller Prince en sursaut le cœur serré de douleur.
Il sauta du lit, oubliant ses
peurs, ses frayeurs et ses craintes, n’ayant que le souvenir du sourire volé de
son apparition d’un songe d’une nuit. Il ouvrit la porte, fut pris d’un malaise
qu’il s’efforça vite d’effacer, seule comptait désormais sa belle d’une nuit et
aller y mourir s’il le fallait.
Le chemin vers la sortie était
long, la sueur fit de son :corps son temple. Prince trahit son serment et traversa
pour la première fois de sa vie sa foret, frayeur de son enfance, de sa vie,
n’écoutant que le sourd cri de son cœur.
Arrivé au pied du château, les
lamentations se firent plus proches, plus insistantes.
Prince entrouvrit la porte et
pénétra à l’intérieur d’une immense maison, dont les formes et senteurs lui
étaient étrangers. Il monta les marches, se rapprocha de la source du cri qui
se faisait de plus en plus doux comme un appel, une supplique. Il entrouvrit la
porte et reconnu à sa surprise le jeune femme de son songe :
-
Te voilà, lui dit-elle
Prince ne
trouva pas ses mots, aucun mot ne pouvait sortir de ses lèvres,
-
Tu es venu, je t’ai appelé,
-
J’ai entendu tes lamentations chaque nuit, puis j’ai fait un
rêve cette nuit, je t’y es vue
-
Oui, j’y étais….
-
Comment ? je ne comprends pas
-
J’y étais, tu entendais mes lamentations tous les soirs,
-
Pourquoi ces lamentations ?
-
Ce sont celles de mon âme qui recherche sa sœur,
-
L’a-t-elle trouvée ?
-
Elle est venue visiter la tienne, dans ton songe…
-
Je n’ai pourtant pas répondu à ses lamentations, je suis resté
longtemps dans mon château, la bas, sans jamais avoir osé en sortir,
-
Pourtant, ce soir tu es là,
-
Oui…
-
Pourquoi ?
-
Je t’ai vue,
-
Ton âme a vu la mienne, et tu es venu malgré ‘l’ombre noire,
-
Oui, l’ombre noire, qui est-elle ?
-
Je ne sais pas, je l’ai vue roder souvent en bas de ton
château,
-
Je n’en suis jamais sorti, c’est la première fois de ma vie
que je le fais, je ne sais comment. Peut être est-ce le souvenir de ton sourire
que j’ai cru parti à jamais,
-
Elle lui
sourit doucement, et lui dit :
-
Ton courage Prince t’a montré le chemin,
-
Moi ? courageux ? je ne le pense pas,
-
On a besoin du regard des autres pour mieux se voir
-
Je n’ai jamais connu d’autres regards que le mien dans le
miroir,
-
Mon âme te cherchait, la tienne était emprisonnée par tes
démons, par l’ombre,
-
Qui est l’ombre ?
-
C’est la gardienne de ta solitude et de tes craintes. Ce soir,
tu lui as faussée compagnie, tu es là. Ses chaînes sont à jamais brisées, le
sortilège est enfin rompu.
-
Prince ne savait plus quoi penser, cela lui semblait si
irréel, si magique. Un intense sentiment envahissait tout son corps, un tel
sentiment de plaisir qu’il en avait presque mal.
Elle lui
tendit la main, comme dans le songe, il l’a pris, sans qu’aucune ombre ne
vienne les séparer.
Ils sortirent
du château. Le soleil de ce jour de printemps était à son zénith, éclairant les
visages radieux de nos deux âmes retrouvées.
Elle et lui
main dans la main s’en allèrent vers un autre destin, celui qu’ils bâtiront ensemble
loin de l’ombre.
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| Créé le : |
07 juin 2008 21h13
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JOYEUX ANNIVERSAIRE A MON BLOG !!!
Cela lui fait une année d'existence, hier soir. Je n'ai rien préparé à l'occasion, j'attends le résultat du référendum.
Les femmes n'ont pas trop la côte pour gagner de grandes éléctions ( une pensée pour Hillary, ma copine ! ) Maalich, on ne fait que retarder l'inévitable.
Et je dédie ce poème d'Aragon repris par le groupe Gnawa diffusion ( merci Amazigh ) à toutes les Kezak du monde et à celles qui rêvent encore et toujours....
Gnawa Diffusion - Gazel du fond de
la nuit
Je suis rentré dans la maison comme un voleur Déjà tu partageais le lourd
repos des fleurs
au fond de la nuit
J’ai retiré mes vêtements tombés à terre J’ai dit pour un moment à mon
coeur de se taire
au fond de la nuit
Je ne me voyais plus j’avais perdu mon âge Nu dans ce monde noir sans
regard sans image
au fond de la nuit Dépouillé de moi-même
allégé de mes jours N’ayant plus souvenir que de toi mon amour
au fond de la
nuit
Mon secret frémissant qu’aveuglement je touche Mémoire de mes mains
mémoire de ma bouche
au fond de la nuit
Long parfum retrouvé de cette vie ensemble Et comme aux premiers temps
qu’à respirer je tremble
au fond de la nuit
Te voilà ma jacinthe entre mes bras captive Qui bouges doucement dans le
lit quand j’arrive
au fond de la nuit
Comme si tu faisais dans ton rêve ma place Dans ce paysage où Dieu sait ce
qui se passe
au fond de la nuit
Ou c’est par passe-droit qu’à tes côtés je veille Et j’ai peur de tomber
de toi dans le sommeil
au fond de la nuit
Comme la preuve d’être embrumant le miroir Si fragile bonheur qu’à peine
on peut y croire
au fond de la nuit
J’ai peur de ton silence et pourtant tu respires Contre moi je te tiens
imaginaire empire
au fond de la nuit
Je suis auprès de toi le guetteur qui se trouble A chaque pas qu’il fait
de l’écho qui le double
au fond de la nuit
Je suis auprès de toi le guetteur sur les murs Qui souffre d’une feuille
et se meurt d’un murmure
au fond de la nuit
Je vis pour cette plainte à l’heure ou tu reposes Je vis pour cette
crainte en moi de toute chose
au fond de la nuit
Va dire ô mon gazel à ceux du jour futur Qu’ici le nom d’Elsa seul est ma
signature
au fond de la nuit!
Louis Aragon (Le Fou d’Elsa, 1963)
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| Créé le : |
30 mai 2008 15h11
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Mon sang ne fit qu’un tour, qui
l’aurait dit ? lui ici dans ce restaurant perdu d’ici chez nous ! et
moi, juste en face cachée dans mon coin.
Il ne risquait pas de me voir,
heureusement d’ailleurs, je ne voulais pas être vue , pas jolie à voir et
surtout qu’il était d’une galante compagnie. Je ne voulais pas que ma jalousie
paraisse. Je me suis surprise à être encore jalouse, je pensais l’avoir oublié.
Les mois et désormais, les années sont passés, et me voilà à m’avouer à
contre cœur que j’y suis encore, l’intensité m’a inquiétée. Pourtant, je savais
bien que je n’étais pas sa préférée et
que je ne l’ai jamais été, comme il aimait à me le répéter. Trop de choses
sonnaient faux à mon oreille et me soufflaient le contraire, mais j’aimais à le
croire, c’était si doux.
Cette fois, mes entrailles ne me
faisaient plus mal à cause de la faim de tout à l’heure, mais bien d’un mal
plus pernicieux qui vous prend par effraction.
Je suffoquais, tout s’emballait,
je ne savais plus quoi faire, me lever et courir vers la porte pour ne plus
avoir à subir cela, rester terrée dans mon coin, libérer mes larmes qui
cognaient fort et les laisser couler discrètement.
Subitement, une dose d’adrénaline
remonta des fins fond du « tréfonds » , envahit tout mon corps. Je me
suis mise à souhaiter le retour de mon pouvoir prodigieux. Fermant les yeux,
rassemblant toutes les forces de mon âme blessée, j’implorais Dieu, l’insecte,
qui que ce soit, ne demandant que quelques minutes encore, le temps de savoir…
Rien, ni insecte en vue ni
pouvoir magique disponible à la demande. Dépitée, je m’apprêtais à quitter les
lieux dès que les deux énergumènes, objets de mon ire, tourneront le dos.
Subitement, je dégringolais de
quelques étages, me retrouvait à même le sol et me voila transformée en… chat !!!
Mon Dieu !! qu’ai-je donc
fait ?? … je miaulais en guise de cris d’au secours que je poussais,
affolée.. que c’est-il passé ? était-ce le deuxième effet de la maudite
piqûre ?
De loin, accouru un homme vers
moi, Gulliver him self !!, son pas pressé et alerte annonçait l’occurrence
certaine d’une volée de coups de pieds que je voyais mesurer 10 m vue ma taille
actuelle. Quel supplice que de se faufiler paniquée entre les tables et devoir cohabiter avec le sol encore plus sale
qu’une allée de Souk en fin d’après midi d’un vendredi.
Soudain, des bras me happèrent,
j’ai eu le vertige en survolant les tables, je voyais des pattes raidies,
griffes toutes sorties, c’étaient les miennes !! et je me suis retrouvée
protégée dans les bras de .. mon ex ami !! Il me sauva d’un coup de pied
qui m’aurait fait virevolter et retrouver la chaussée d’en face en moins de
deux.
Me voilà dans ses bras, sans
l’avoir cherché. Je m’y blottis, sans penser un moment que j’étais avec
l’assassin de mon cœur, j’étais trop heureuse d’être encore parmi les vivants
malgré ma nouvelle peau velue.
Il dit au patron du
restaurant « Laissez ce chat, je vais le prendre en partant et vais
le déposer quelque part dehors »
Et Gulliver lui répondre
« Je ne sais même pas d’où il vient, et même qu’une cliente bizarre assise
au même coin en a profité pour prendre la poudre d’escampette, la voleuse, elle
a mangé sa pizza sans payer l’addition, qu’elle soit maudite ! »
maugréa t-il en partant.
Et moi « C’est bon, pas la
peine d’en rajouter, je suis déjà maudite, ton vœux a été exaucé » en
petits miaulements chétifs.
Mon ex-ami, d’un geste me mis sur
le siège a coté du sien, juste en face de le belle. J’en profitais pour la
dévisager sans discrétion aucune, un chat, ça n’est pas discret.
Je devais avouer que
physiquement, elle était pas mal, une consolation pour moi tout de même.
Après qu’ils aient passé
commande, ils discutèrent, je devais écouter, les chats ne sont pas sensés
comprendre le langage humain, mais pour moi, la transformation ne s’est opérée
que du point de vue anatomique, le reste, tout le reste, n’a pas suivi.
J’ai dû écouter les mots et
gestes doux qu’ils s’échangeaient, d’une voix susurrante, ils se parlaient
comme s’ils se rencontraient pour la première fois. En fait, j’avais compris
que c’était le cas, ils se sont connus sur le net il y a à peine un mois.
La voila, elle, les yeux plus
malins que les miens, souriants, à discuter paisiblement, sûre de l’effet
charmeur qu’elle pouvait dégager. Je me suis alors rappelée mon comportement à
la limite de l’hystérie quand j’étais sous forme humaine. Je mesurais la
différence entre elle et moi, et pourtant, Dieu seul sait que j’ai essayé de
ressembler aux autres. Même Lui ( Dieu ) a bel et bien choisi une autre vie pour
moi, celle d’un chat !! mais pourquoi un chat ??!!!
Je subissais tristement mon
double sort, celui de le revoir avec elle, et de ne pouvoir exprimer ma
tristesse, un chat ça ne pleure pas. Je me roulais en boule sur le siège ou on
a décidé de me poser.
Tout le long de la discussion, je
voyais cet être qui s’était détourné de moi, se trémousser sur son siège gras,
susurrer des mots doux, faire des sourires « made in Hollywood » sous
entendus, lancer des regards qui en disaient longs et l’autre, elle, suivant la
même logique du jeu de séduction savait y faire. Surtout ne pas parler
politique, ça n’est pas beau sur une femme, et on s’en moquai royalement. Ne
pas exposer ses idées sur le pourquoi du comment tournait la terre autour de
son orbite, surtout quand on ne vous le demande pas et puis personne ne s’y
intéresse, sauf , bien sûr les autres femmes ou hommes déclarés sans saveur.
Une bouffée de colère montait de
mes tripes « hallal », et semblait vouloir se manifester, je voyais
mes griffes sortir. Je priais très fort ( ne demandez pas quel Dieu
j’invoquais, c’est assez dangereux d’en désigner un sous nos cieux ces derniers
jours.. ) Je rassemblais toutes mes forces pour que ma jalousie ne me fasse pas
faire quelques bêtises que je regretterai peut être.
En guise d’encouragement, j’ai eu
droit à un show en live de cliquetis de paupières, de chuchotement «
érotiques » qui ont fait dresser mes trois poils qui faisaient figure de
moustache du chat que je suis devenue.
Un amoncellement de sentiments,
telle une vague née de l’épicentre d’un tsunami, pris place et sans me rendre
compte, j’ai infligé un coup de griffes magistral, bien placé à mon ex sauveur.
Sous l’effet intense de la douleur, d’un violent coup de main, il m’a éjecté
dehors, sur l’autre trottoir.
Tout s’est passé si vite que je
ne me suis même pas rendue compte, mon sang réchauffé à bloc ne fit qu’un tour
et ne circula plus dans ma tête, expliquant peut-être le trou de mémoire entre
mon coup de griffe et mon éjection !!
Me rendant compte de mon acte, et
sans le regretter à aucun moment, j’ai eu envie de savoir si au moins, il avait
des marques indélébiles sur ses joues, en guise de tatouage de mes larmes
versées pour rien ou pour si peu, elles marqueront son visage à jamais !!
La nuit tombée, j’erre encore
dans les rues d’Alger, heureusement, que j’étais « un » chat, je
risquais moins, y a des machos même dans le pays des chats.
Dans mon errance, je ruminais
toute seule et mes pensées dictaient ces lamentations, ce monologue que je
voulais faire entendre à ma déception :
« J’ai voulu te faire mal, j’espère avoir réussi. Je
pense, que tu le méritais, je t’en veux beaucoup, énormément. Je t’en veux de
m’avoir trompée. Je t’en veux de m’avoir poussé à te donner un jour un surnom,
je t’en veux de ne pouvoir encore t’effacer complètement de ma mémoire. Tu ne
devais pas être comme ça, et tu es pire que je ne le pensais. Le hasard fait
bien les choses des fois, même si je devais passer par là pour le savoir.
Je ne suis qu’une souris ( en
rapport à la fable, ne faites pas attention au chat ) des champs, celles des
villes sont plus « ouvertes ». Le club des « jouisseurs
convaincus » m’est fermé, le videur ne veut pas de moi. J’ai même fait
semblant, rien n’y fit.
La victoire est mienne
aujourd’hui, je la savoure, puisse-t-elle te paraître cruelle, ô éternel
torturé ! »
Je broyais encore du noir à la
nuit tombée, et je ne suis toujours pas gris…
J’ai repéré un mur de clôture,
j’ai sauté, et j’arrivais en moins de deux à grimper et même à me trouver un
refuge, ayant préalablement vérifié qu’il n’y avait pas de chien.
Chien ? c’est ma nouvelle
vie désormais. Qu’ai-je donc fait pour mériter une telle punition ???
Je me cachais dans un buisson
d’un semblant de jardin, et me suis mise à chercher la faute, la cause de la
malédiction qui me frappe, mes pouvoirs ne m’amusaient plus désormais.
Et puis, soudain, je me suis rappelé le CHAT, le BLOG,
tous ces gens à qui j’ai pu faire du mal directement ou indirectement. Ces
personnes que j’ai pris plaisir à scier de long en large et de travers, ou ceux
que je « taquinais » méchamment, mais souvent sans l’intention de la
donner et des fois si, je l’avoue.
Alors, secrètement, j’ai fait la
promesse que si je redevenais humaine, j’arrêterai le CHAT et le BLOG.
Le lendemain, à mon réveil, ça
cognait fort dans ma tête, ça n’arrêtait pas de cogner, cogner, cogner, je me
dressais et …… me retrouvais dans mon lit bien en chair et en os !! et
surtout sans poils !! et ma mère qui n’arrêtait pas de frapper à ma porte
et m’interpeller !!!
J’ai sauté du lit, mes petits
pieds étaient là !!! quelle joie, quelle bonheur d’être une femme, même en
Algérie !!! maalich, vaut mieux ça que d’être chat !!
Je souris à la vie, heureuse de
me retrouver humaine, ça n’était donc qu’un cauchemar..
Un doute tout de même, si j’avais
vraiment vécu cette vie, si vraiment c’était vrai, dois-je respecter ma
promesse ?
Je m’adresse à
vous lecteurs, je soumets ma décision à votre vote : Dois-je respecter la
promesse du chat
« Arrêter le Chat et mettre fin au Blog »
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| Créé le : |
30 avr. 2008 16h22
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Article posté par : |
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Un jour, je me suis attablée à un
petit restaurant de la bas chez nous, la faim me tenaillait l’estomac. Pendant
qu’il me tendait un menu graisseux, collant presque, le serveur me dévisageait,
il avait les cheveux collés au gel, tellement collés qu’ils ne risquaient pas
de dégeler même après un passage dans une turbine à gaz.
Bref, je fis vite de lire le menu
et de prendre ce qui en restait,
Moi : Je veux une
pizza avec des anchois et des câpres,
Le gominé : Makache
li zanchoi ( y a pas d’anchois )
Moi : Comment ?
pourtant c’est écrit dans votre menu : Pizza marine aux anchois et aux
câpres
Le gominé : .. Je
tché di makanche
J’avais trop faim, je laissais
faire sans brancher..
Moi : Donnez moi ce
que vous avez,
Le gominé : Pizza
b’toumatache
J’avais honte des gazouillis de
mon estomac qui se faisaient entendre à des lieux de ma table, je sentais même
des yeux se poser sur moi…et ayant perdu le sens de la révolte et de la rébellion,
car état d’urgence oblige, j’abdiquai ( c’est plus facile ! ) devant ce
gominé.
Moi : DJIBHA !!
( ramène la moi )
Le gominé s’éloigna de ma table et
un insecte vint se poser. Avec des gesticulations, j’ai essayé de l’en éloigner,
mais Mr l’insecte n’en fit qu’à sa tête
et comble du comble vint me piquer !!
J’ai senti un léger picotement mais j’ai fini par l’écraser !
Quelques minutes à peine s’écoulèrent
et des bribes de discussions venues de toute part se bousculèrent à mon
oreille. Je ne distinguais pas grand-chose, juste une espèce de vague énorme de
voix s’amoncelant à l’entrée de mon conduit auditif.
Prise de peur, je ne comprenais
plus rien, je mis mes mains sur mes oreilles, puis plus rien., plus aucun son.
Je poussais un grand Ouf ! les voix n’étaient pas dans ma tête, un
instant, je pensais devenir Schizo !!
J’ai retiré mes mains et voila
que les voix reprennent de plus belle. La panique reprit mais, la curiosité l’emporta.
Que s’est-il donc passé en
moi ? Ma capacité auditive est devenue subitement extraordinaire !!
je pouvais entendre la course d’une fourmi qui évite de se faire écraser par un
56 ! Etait-ce la piqûre de l’insecte bizarre qui m’a inoculé ce
pouvoir ?!
Qu’importe, l’essentiel s’est
d’en profiter. Je commençais à maîtriser les décibels qui me parvenaient, je
pouvais les filtrer. Que de choses qui me passaient par la tête, je peux vendre
mon nouveau pouvoir, travailler comme espionne dans les plus grands pays du
monde, entendre le cliquetis des coffres dans les banques, écouter derrière les
murs des voisins… entendre les méchancetés qui se disent derrière mon dos au
boulot. Vive la providence, vive l’insecte, le pauvre, dire que je l’ai écrasé
sans état d’âme, heureusement que j’ai pu récupérer son poison magique !!
La faim disparu sous l’émotion, et je me mis à
vouloir écouter les discussions des tables à coté.
Cheveux tirés derrière les
oreilles, je me mis à choisir par ordre d’affinités les victimes de ma
curiosité prochaine. Je choisis une table pas trop éloignée, un couple d’un certain âge y discutait avec
animation, lisez plutôt..
Elle : Tu as vu le
prix de la pizza ? c’est trop cher, pourquoi tu nous a ramené ici ?
Lui : Pour une fois
qu’on peut manger rien qu’en tête à tête, allez, ne pense pas aux dépenses,
Elle : Et dire que
nos enfants ne vont manger que de la Kalantita que je leur ai donné en sandwitch
Lui : Et alors ?
nous on avait même pas le privilège de la manger à notre époque, que de la
galette sèche !
Elle : Moi, je
mangeais bien chez mes parents
Lui : Que veux-tu
insinuer par là, tu ne manges pas bien depuis que tu m’as épousé ?
Elle ( regrettant la
méchanceté lancée ) : Non, que crois-tu ? je ne faisais que penser à
nos enfants
Lui : Arrête de
penser et mange à pleine dents, tes enfants grandiront et mangeront beaucoup
mieux qu’une pizza b’temoutache !! tout un plat pour un si petit plat !!
Je détournais mon oreille, la
discussion commençait à m’ennuyer, je cible cette fois, deux jeunes femmes qui
paraissaient partager des secrets. Avec un sourire narquois, je mis la
fréquence voulue et mine de rien, j’entendis ceci,
Tilleli : Alors
Kezak, que s’est-il passé ?
Kezak : Rien, il est
parti
Tilleli : Comme ça,
tout bêtement ?
Kezak : Oui, tout
bêtement. Ça préfère les salées, tu sais.
Tilleli :
Salées ?
Kezak : Oui, salées,
pimentées, avec des condiments, on rajoute ça aux plats standards pour qu’ils
passent. Un bon plat, n’a besoin d’aucun artifice,
Tilleli : Faut
vouloir y goutter..
Kezak : Non, faut
surtout pouvoir y goutter, un bon plat coûte cher.
Tilleli : Tu as la
grosse tête Kezak !
Kezak :
Pourquoi ? tous les chapeaux me vont, sauf le tien, trop petit..
Tilleli : EWWW ?
tu me provoques ou quoi ? ça veut dire quoi tout ça ? tu es jalouse
je crois, avoue le..
Kezak : Peut-être, je
n’aime pas être devancée, tu as trouvé un amoureux et moi pas encore !!
Tilleli : Normal, si
tu leur tiens un discours pareil,
Kezak : Et tu veux
que je leur dise quoi ? que j’ouvre béatement ma bouche quand il dira
qu’il sait écrire son prénom à l’envers !! que je vais m’évanouir
d’émotion dès qu’il dira « tu me plais, tu sais….. » à la Clark Gable
Tilleli : Ta
verticalité va t’anéantir !
Kezak : Ma
quoi ??
Tilleli : Ta rigidité
mentale, sois plus souple,
Kezak : Je n’ai pas
la barre de faire ! ( un coucou pour GAD ! )
Tilleli : N’importe
quoi ! Arrête de te plaindre alors, et joue le jeu des standards
Kezak :
JAMAIS !...... ……tu m’apprendras ?
La discussion ne tournait
qu’autour de ça, j’ai fini par m’en lasser, je détournais mon attention vers
une table, placée bien au fond, je n’arrivais pas à distinguer les personnages,
mais j’ai été sciée en écoutant le mode de discussion, incroyable, lisez,
Elle : L'amour donne l'esprit aux femmes et le retire aux hommes,
Lui : La philosophie
est une route qui mène de nulle part à rien,
Elle: Heureuses
les amours
qui se dénouent
sans détours,
Lui : L'amour est aveugle,
il faut
donc toucher.
De toutes les perversions sexuelles, la chasteté est la plus dangereuse,
Elle : Un chien sans
queue ne peut exprimer sa joie,
Lui : A table comme en amour, le changement
donne
du goût,
Elle : Le plus grand amour est l'amour d'une mère, vient ensuite
l'amour
d'un chien,
puis l'amour
d'un amant,
Lui : L'amour sans une certaine
folie
ne vaut
pas une sardine
Elle : Trois sortes
d'hommes ne comprennent rien aux femmes: les jeunes, les vieux et ceux entre
les deux,
Lui : Maint amoureux
d'un grain
de beauté
commet
l'erreur
d'épouser
la fille
entière
Elle : La moitié des
hommes sont des salauds, et l'autre moitié est horriblement ennuyante,
Lui : La bouderie
en amour
est comme le sel
; il n'en faut
pas trop
Elle : Les hommes
aiment la profondeur chez les femmes, mais seulement dans leur décolleté,
Lui : Le chasseur se
fâche quand l'outarde lui monte au nez
Elle : La dinde est
tolérante, mais elle déteste les farceurs.
AIE !!! j’ai été parasitée
par un poste radio porté à même l’épaule par un gamin pas plus haut que trois
pommes, il écoutait du Rai à tue tête et s’est arrêté à l’entrée de la Pizzeria, scrutant à
l’intérieur, il reconnut ses parents, les premiers que j’ai espionné et vint à
toute allure finir la pizza du papa non encore entamée, pauvre papa.. eh oui,
tu n’auras même pas eu le temps d’en connaître le goût, sacré enfants
« dakhir ezzamane ! »
Le temps de reprendre la
fréquence parasitée, que le couple bagarreurs par proverbes inperposés se lève
de table comme si de rien n’était et quitta la pizzeria sans avoir mangé,
l’appétit a du partir et s’envoler avec les outardes…
Ces histoires pour filles, m’a
ouvert l’appétit. Ma « b’toumatache » était placée sous mon nez
depuis belle lurette, je ne m’en suis pas rendue compte à cause des émotions
procurées par mon tout nouveau pouvoir.
A voir sa tête, ma pizza, ne me
faisait pas vraiment envie, et me remémorant les mots de Kezak, je pris de la
mayonnaise, de la h’rissa, de la moutarde et en mis sur cette soucoupe rouge,
je la badigeonnais goulûment de cette mixture et « BLURP » dans le gosier.
Pas mal la pizza une fois fardée. Faut pas trop se poser de questions, une fois
dans l’estomac, tout aliment ressort de la même façon ( Sauf votre respect
).
Tout en mangeant, je regardais la
télé placée en haut accrochée à un des poteaux de la bâtisse, juste au dessus
d’un client esseulé avec son sandwitch dégoulinant.
L’émission réunissait sur un
plateau les restes d’un journaliste nationalisé et d’un pseudo politique ( PP ) , le débat fut
d’un niveau à vous faire verser une larme..
Journaleux : Votre
subliminale grandeur, qu’allez vous faire après avoir élu le monarche de la
république ?
PP : Hum hum.. (
visiblement gêné )
Journaleux : Oh.. pardon…
votre sublissime patron de la république …
PP : Nous avons eu les
élections haut les mains !! … haut la main.. Pardonnez moi, et nous
comptons faire reculer le chômage de 500%, réaliser un taux de croissance économique
de 85% chaque jour. Nous promettons des appartements grand standing avec vue
sur la mer ou le désert, c’est selon les convictions.. enfin, les goûts, moyennant
10.000 dinars d’avance en premier versement pour celui qui peut ( comme le Hadj
) sinon rien, walou, battel. Le prêt se fera sur une période de 100 ans qui
pourra être prolongée à perpétuité pour les récalcitrants.. Pardon, pour les vétérans,
Journaleux : Et le
PIB par habitant sera de quel pourcentage, faites le nous rappeler votre
grandeur nature !!
PP : ….. c’est quoi
le PIB ? c’est un nom scientifique ou politique ? ne faites pas dans
l’amalgame sinon… notre makhzen local s’en chargera.. vous habitez ou
dejà ?
Journaleux ( vert de peur
et hors antennes, un différé direct ! ) : Le Produit intérieur brut votre seigneurie..
c’est écrit ici, questions à poser.. je n’ai rien fais moi, je ne fais que
répéter et lire ce qu’on m’ordonne..
PP : De 85 % par
jour !! je dois me répéter ou quoi ?? sacré farceur de journaliste HA
HA HA ( montrant toutes ses dents blanchies chez un dentiste made in USA )
Journaleux ( toujours vert
) : Votre calamité.. pardon, votre solennité, qu’en est-il des régions de
l’extrême extrême qui souffrent de l’éloignement de leur village des cinémas et
des manèges..enfin, pour ceux d’entre eux qui s’ennuieraient à ne rien faire pendant la journée…
PP : Nous allons
quadrupler sinon plus le maillage routier, autoroutier, par voie ferrée, par
voie aérienne, par voie spatiale pour faire sortir de l’isolement nos chers con
citoyens qui ont voté massivement et sans hésitations nocturnes ..pardon, aucune pour NOUS !! Nous
allons procurer des voitures 4x4 pour
chaque père de famille, s’il préfère les voyages terrestres, sinon, nous avons
passé commande auprès des Russovitch pour des soucoupes aéronautiques à 500
pégases. Ils pourront relier les centres de loisirs en quelques secondes.
Journaleux : Qu’en
est-il des mères de famille ?
PP : Elles n’en qu’à
suivre derrière !
Journaleux : Le mot
de la fin votre sérénissime…..
PP : Quoi ? la
fin ?quelle fin ? JAMAIS DE FIN !!!!
Journaleux : Juste
pour clôturer cette émission votre Altesse..
PP : Ah ! bien
sûr, je souhaite un bon rétablissement au peuple gentil et beaucoup de faim pour le reste …
J’en avais avalé ma pizza entière
sans épices, sidérées par autant de bonnes nouvelles.. pas possible, faut vite
que je me remémore ou je suis, allez, un petit branchement pour écouter
quelques lamentations toutes fraîches et véridiques
Mais, que ce passe-t-il ? L’effet
magique est parti.. je ne peux plus rien entendre.. rien, même pas le mauvais
son du journaleux.. L’effet était donc limité dans le temps et moi qui ai tué
l’insecte, j’ai scié ma propre branche…
Puis, soudain, je vis une
ancienne connaissance entrer au restaurant, je ne m’y attendais guère
To be continued…
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| Créé le : |
25 mars 2008 15h31
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Web |
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Il était une fois, un homme venu s’adosser à un arbre, heureux de s’y retrouver, « Enfin, se dit-il, je savoure ce silence si agréable qu’il envahit mon être » Et il poussa un grand « Hummm » de plaisir.
Alors, loin du regard des hommes, il s’assied, exposant son visage et corps au souffle d’une brise de vent ( j’allais écrire bise, ça colle aussi ! ).
On va l’appeler, Salem, juste comme ça, ne cherchez pas de sous entendu ou de sens profond au nom ni au texte, il n’en existe pas et puis, je n’ai pas envie de donner un sens, juste raconter un peu et remplir les lignes.
Un doux et paisible sentiment de sérénité et tranquillité envahit Salem, il ferme les yeux et doucement sans aucune résistance, le sommeil vient à lui et il s’assoupit.
Soudain, une voix surgissant de nulle part le réveilla, croyant que c’était encore sa femme venue, comme à son habitude, le soutirer de sa tranquillité à peine retrouvée, d’une joie à peine entamée, Salem répondit laconique..
Salem : Oui, j’arrive … comment m’as-tu retrouvé ?
La voix : ça n’est pas ta femme Salem..
Salem, sursauta au son de cette voix qu’il ne reconnut pas, se tourna et retourna dans tous les sens, il ne voyait personne. La voix était indicible, ni celle d’une femme ni celle d’un homme et paraissait très proche de lui. Salem eu peur et demanda à la voix
Salem : Qui êtes vous ? je ne vous vois pas, ou êtes vous ?
La voix : N’aies crainte homme, je viens en ami. Tu as déjà vu les films de Don Camillo ?
Salem ( n’en croyant pas ses oreilles ) : Oui,
La voix : Alors, en ce moment, tu es Don Camillo et moi la voix !
Salem : Mais.. je ne suis pas chrétien !!
La voix : Et moi, je ne suis pas jésus ! c’est pour te faciliter les choses, les voix off n’existe pas en islam et te dire que je suis un Djine te ferai développer des 100 mètres haies à toute allure!
Salem ( la peur au ventre ) : Que me voulez-vous alors ?
La voix : Rien homme, je viens te demander l’inverse : Que me veux-tu ?
Salem reprenant ses esprits, la voix curieusement le rassurait au fur et à mesure répondit « J.. J’ai rien demandé…. je… je ne sais pas… »
Salem respira un bon coup, il aéra un moment son cerveau plus ou moins cartésien, resté figé dans sa boite crânienne, ne sachant plus dans quelle rubrique mettre cette étrange apparition audio. Il choisit la voie la plus rassurante, c’est une voix à la Don Camillo ( sacré Fernandel ), sympathique et inoffensive.
La voix : Allons Salem, parle..
Salem : Qui vous a dit que je m’appelais Salem ??
La voix : Tu as bien compris… parle maintenant,
Salem : De quoi voulez-vous que je parle ? Pourquoi voulez-vous que je parle ?
La voix : Parce que je te le demande, je sais que tu as beaucoup de choses sur le cœur, alors parle et finissons-en !
Salem ( piqué au vif ) : Je ne vous ai rien demandé, c’est vous qui êtes venu vers moi
La voix : Je sais, je sais, excuse moi, mais parle nom de …. !!!
Salem : De quoi ?
La voix : De ce qui te tourmente, des raisons majeures et mineures qui t’ont fait venir sous cet arbre..
Salem (reculant de l’arbre, et se retournant vers lui ) :… C’est.. toi.. l’arbre qui parle ?
La voix : As-tu déjà entendu un arbre parler ? Allez, ne te pose pas trop de questions, d’ailleurs c’est l’une des raisons qui te font fuir.. tu te poses trop de questions
Salem, se senti délivré subitement de toute pression, de toute peur, senti son corps et son cœur s’alléger, eu une très grande sérénité pendant un moment, s’adossa sous l’ombre de l’arbre en cette douce journée de printemps et sa langue se délia :
Salem : Il y a beaucoup de choses à laquelle je ne cesse de penser, des fois je me dis que ça n’est pas bien d’y penser, mais je ne peux m’en empêcher,
La voix : Comme quoi ?
Salem : Comment j’ai géré et je gère ma vie. Je ne l’avais pas prévu ainsi
La voix : Et tu aspirais à quoi ? N’oublie pas que tu es à WalouLand*
*Je ne donne pas de nom de pays pour ne pas faire de mauvaise publicité ( zaama ! )
Salem : Je l’avais planifié selon WalouLand, et le walou s’en est retourné contre moi. Chaque fois que je crois avancer, rien n’arrive ou bien, les choses arrivent contrairement à mes attentes,
La voix : Comme pratiquement tous les walouLandais,
Salem ( sans avoir entendu la suite, n’attendait que cela ) : Je suis né et grandi dans une famille simple, mes parents ont tout fait pour m’assurer le meilleur avenir possible, je n’ai jamais eu à travailler lors de mes études et ..
La voix : Tu crois que tu aurais pu trouver un job pendant les vacances dans cette partie de mon mo.. enfin du monde ? voyons Salem, ça ne se passe pas comme ça ici !
Salem : Juste pour marquer le point vis à vis de mes parents, j’ai été assisté pendant presque 30 ans, jusqu’à ce que je puisse trouver un travail digne de se nom, je n’ai réussi à me trouver un logement qu’après mon mariage, il fallait que ma femme travaille également, une option à exiger avant les fiançailles.
La voix : C’est le prix de la modernité, et puis on est au 21ème siècle, qu’y a-t-il de mal à cela ? ça se passe plutôt bien pour toi,
Salem ( soupir ) : Oui, tu as probablement raison, mais j’aspirais à mieux il y a quelques années, les choses tardent à venir et d’autres se déroulent autrement que comme je l’avais souhaité…
La voix : Dis les choses plus clairement, libère ta conscience Salem, j’ai pas que ça à faire !
Salem : Je subis plus que je ne vis. J’ai l’impression de subir la vie. Je n’en profite pas du tout, je ne suis bien nulle part… jusqu’à quand cela va durer. Dans mon boulot, je dois supporter toutes les fourberies de mes collègues, je dois distribuer des salamaleks aux gens que je n’apprécie pas spécialement, je ne peux même pas me donner quelques allures fières aux clients que je reçois vu qu’on se retrouve souvent faisant la pas de grue à attendre le bus et au pire, me battre pour une place debout… quelle humiliation ! Pourtant, je me voyais grand jadis…
La voix : Dis toi bien que tu n’es pas le seul à être dans cette situation, continue Salem, parle
Salem ( Continuant sur sa lancée ) : La routine me tue à petit feu, tous les jours c’est le même rituel, se lever à une heure fixe, aller au travail, faire des sourires, des fois des courbettes malgré moi, je fais l’âne pour manger l’avoine. Est-ce que cet avoine mérite-t-il d’être mangé, son goût me fera-t-il oublier l’amertume de l’humiliation..
La voix : Voici un grand mot que tu utilises « humiliation », pourquoi tant de dureté envers toi Salem, veiller à garder son travail, n’est point humiliation.
Salem : Et pourtant c’est la cas, je me sens humilié à chaque fois que je dois me taire devant un mensonge avéré, à chaque fois que l’on me prend à témoin pour justifier l’injustifiable, et pour soulager le peu de conscience qui me reste, je me dis que je le fais pour ma famille, son bien être pour laver une vie faite toute de « petites » lâchetés,
La voix : Y’a-t-il plus noble pensée que de protéger sa famille.. malgré ce qu’il t’en coute.
Salem : Je ne me voyais pas finir comme ça….
La voix : Finir ? je ne l’ai pas encore déci… je veux dire que tu es encore à la force de l’âge, Salem, ta carrière n’est pas la seule raison de ton désarroi, il y a autre chose, parle encore…
Salem : Te dire quoi ? Que je ne suis pas à l’aise même au sein de ma propre famille ? Je n’arrive même pas à me l’avouer à moi-même, c’est tellement dur de se sentir étranger chez soi. Les enfants ont grandi, ma femme a depuis longtemps oublié qu’elle avait un mari et..
La voix : Ne voila-t-il pas un capricieux ? Pourquoi dis-tu que ta femme t’a oublié ?
Salem ( feignant ne pas avoir entendu la question, continue sur sa lancée ) : J’ai l’impression que mes enfants ne m’aiment pas, ils sont très proches de leur mère, je les vois souvent se regrouper à part dans une pièce, rigoler, partager des secrets auxquels je ne suis pas associé, c’est à peine s’il me lance un bonjour le matin et bonsoir quand je rentre du travail. Je ne suis qu’une caisse d’argent, un fournisseur comme ont dit dans ce bled.
La voix : Et ta femme, que lui reproches-tu ?
Salem : Elle ? rien.. je ne sais plus…depuis le temps qu’on ne se parle qu’à demi mots. On en a passé du temps à rêver, planifier quand on était encore un jeune couple sans argent. On s’est aimé aussi, beaucoup, du moins pour moi. Et depuis quelques années, ça n’est plus qu’une amie, je dirai plutôt une parente, qui habite ma maison. J’ai comme un vide à combler dans mon cœur, et cette pensée me rempli de tristesse,
La voix : Tu aurais préféré quoi ?
Salem : Avoir mes enfants de mon coté, les voir m’aimer. Désirer encore ma femme,
La voix : Peut-être que tu t’y es mal pris au tout début, le début Salem, tu t’en souviens ?
Salem : Et comment ne pas m’en souvenir, leur naissance, les regarder grandir, leurs premiers pas, leurs premières paroles, leur premier jour d’école…
La voix : Je t’arrête net Salem, ces mots sont ceux que tu entends dans les téléfilms de M6, suis branché moi également la haut ! Tu n’as pas vraiment participé à tout cela, Dahbiya était pratiquement seule à les élever
Salem, regardait encore une fois autour de lui en se disant, comment diable ( Oups ! ça n’est peut être pas le bon mot ! ) connaissait-il le prénom de sa femme. Mais puisque lui-même répondait à la voix invisible, autant ne plus se poser de questions et continuer à parler, ça faisait du bien de ne plus rien garder de ses peurs et de sa honte cachée.
Salem : Je n’ai pratiquement jamais donné le biberon à aucun de mes enfants, je ne les surveillais même pas dans leur scolarité, Dahbiya faisait tout. C’est comme si je comptais beaucoup sur son énergie et sa volonté, elle en a à en revendre, je l’avoue.
La voix : Il est donc normal et naturel que tes enfants aient plus de complicité avec leur mère, il n’est pas trop tard pour corriger le tir, en as-tu au moins le courage ?
Salem : Peut être trop d’orgueil, même avec mes enfants, quelle éducation de montagnard ai-je pu avoir ?! un orgueil très mal placé, avec mes enfants, ma femme. C’est comme si une certaine pudeur me retient par rapport aux sentiments que je pourrai ressentir ou exprimer envers eux.
La voix : Puisque tu sais tout ça, pourquoi n’essayes donc tu pas de changer les choses ?
Salem : Il est trop tard je crois
La voix : Pourquoi donc ?
Salem : Parce que tout se retourne contre moi, mes enfants ne m’apprécient pas, je pense qu’ils ne doivent pas se sentir à l’aise avec moi, dès que j’entame une discussion ou veux rentrer en complicité avec eux, je les sens se raidir, et du coup, je me fige moi également. J’ai du paraître trop sévère à leur jeune âge, je ne m’en suis pas rendu compte… pas du tout. Quant à ma femme, son sourire ne m’est plus adressé depuis un bon bout de temps dejà, j’ai l’impression de ne plus l’aimer comme avant
La voix : Salem, tu as fait un mariage de raison, alors, l’amour tu as dû le construire au fil du temps, tu peux refaire le chemin inverse,
Salem : Si je le veux vraiment.. là est toute la question
La voix : Que veux-tu vraiment ?
Salem : Tu tiens vraiment à l’entendre ?
La voix : Déballe ton sac !
Salem : Je ne veux plus monter dans le bus !! Je veux dire ses quatre vérités au dirlo, que normalement, dans un bled digne de ce nom, il ne mériterait même pas de surveiller une chèvre. Je voudrai ne plus devoir faire la queue au CCP pour avoir ma paye minable qui me fait honte, donné par un guichetier sans âme. Je voudrai que nos gouverneurs ne passent plus par nos routes à chaque fois qu’ils auront envie d’aller au toilettes, qu’ils créent des embouteillages monstres à cause d’espèce d’écervelés illuminés à qui on donne plein pouvoir. Je veux avoir ma propre voiture sans crédits, je veux acheter ce que bon me semble sans avoir à compter mes sous, j’aimerai pouvoir voyager là ou bon me semble sans avoir à montrer patte blanche et sans avoir à attendre que mes poils de barbe blanchissent à attendre à éventuel courrier d’un préposé au guichet qui verra si ma tronche lui sied ou pas. Je voudrai que nos concitoyens ne soient pas si cons que ça, qu’ils sachent sur quel pied danser, je sens en eux comme un patchwork de tous les amalgames de l’histoire récente et ancienne, tout a été désintégré, c’est comme une pyramide qui se tient en équilibre précaire sur son somme. Je voudrai qu……
La voix : Stop !! Tu sautes du coq à l’âne.. EWWW ??!! Tu me parlais de ton désespoir de regagner l’amour familial et tu me fais tout un discours politiquement orienté .. ne me crée pas de problème, S’IL TE PLAIT Salem !! Tu es sorti du sentier dans lequel on était, le sujet principal était ta famille et voila que tu me parles de tes problèmes subsidiaires…mais bon continue à parler ( ne cite pas de nom ), on y arrive
Salem : Continuer quoi ? à lister ce qui ne va pas ? je ne suis pas mieux moi non plus, suis comme eux….
La voix : A la différence, que toi tu en as conscience,
Salem : Et cela change quoi à la situation ?
La voix : Si tu en es conscient, tu pourras changer ce qui peut l’être
Salem : Changer mon dirlo, le guichetier, le peuple !!
La voix : Non, moi déjà, j’ai baissé les bras ça fait belle lurette, je te demande d’être egoiste pour une fois et de ne penser qu’à toi,
Salem : Prendre femme et foutre le camp de la maison !
La voix : ça se voit que tu es de WalouLand, tu ne penses qu’à ça !! Sois moins égoïste quand même, ne pousse pas le bouchon Salem !
Salem : Reprendre langue avec mes enfants et ma femme, reconstituer ma vie, avec un peu de courage, et moins d’orgueil j’y arriverai peut être,
La voix : Pourquoi-pas et puis avec un coup de pouce on va essayer d’arranger l’autre voie,
Salem : Laquelle ?
La voix : Celle de ton cœur à moitié vide… qui te rend encore plus triste et fragile à affronter les vicissitudes de la vie
Salem : Tu l’as vu sur M6 cette réplique ? tu peux faire mieux tu sais,
La voix : Moque toi de moi, tu es aigri.. je connais cela, c’est devenu à la mode sur ces terres du monde.. pourtant, je n’avais pas prévu cela sur mon planning, ça ne doit pas évoluer de cette façon, c’est pour ça que de temps à autre je fais des descente surprises pour constater par moi-même, et je constate.
Salem : Tu constates quoi ?
La voix : Que tu me dois plus de respect dejà homme !! mais, il est vrai que je ne t’ai pas présenté ma Carte d’Identité.
Salem : Et qu’est ce qu’elle dit ta carte d’identité ?
La voix : De ne pas t’inquiéter, de ravaler ta fierté et de te réveiller….. réveille toi Salem, réveille toi..
Salem sursauta, il se leva de l’arbre et appela la voix, personne ne lui répondit, sauf un miaulement de chat n’ayant que la peau sur les os, qui l’observait bizarrement, avec un air quémandeur lui faisant rappeler ses clients...
Salem, poussa un soupir et sourit, « ça n’était donc qu’un rêve » se dit-il, un drôle de rêve, il ramassa sa veste, jetée à coté de lui, s’épousseta et résolument, pris le chemin du retour, le seul qu’il connaissait, celui de Dahbiya et de ses enfants.
La voix : ça y’est il est parti ?
Ma voix off : C’est bon, tu peux sortir Dahbiya !!
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