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Bridget version made in Algeria
Coup de gueule

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TchatcheBlog: Bridget version made in Algeria

Catégorie : Coup de gueule
Créé le :  06 juin 2007 00h00 par alilad
Modifié le :  09 déc. 2009 00h05
Visité :  19567 fois Cette semaine :  0 fois

Description :
Ceci est un blog rempli d'histoires à dormir debout. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations réelles..... n'est pas fortuite . Bonne lecture si vous avez le courage bien sûr.
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Mister SPOCK
Créé le : 30 avr. 2008 16h22 Article posté par : Web

TchatcheBlog: Mister SPOCK

Un jour, je me suis attablée à un petit restaurant de la bas chez nous, la faim me tenaillait l’estomac. Pendant qu’il me tendait un menu graisseux, collant presque, le serveur me dévisageait, il avait les cheveux collés au gel, tellement collés qu’ils ne risquaient pas de dégeler même après un passage dans une turbine à gaz.

Bref, je fis vite de lire le menu et de prendre ce qui en restait,


Moi : Je veux une pizza avec des anchois et des câpres,

Le gominé : Makache li zanchoi ( y a pas d’anchois )

Moi : Comment ? pourtant c’est écrit dans votre menu : Pizza marine aux anchois et aux câpres

Le gominé : .. Je tché di makanche

J’avais trop faim, je laissais faire sans brancher..

Moi : Donnez moi ce que vous avez,

Le gominé : Pizza b’toumatache


J’avais honte des gazouillis de mon estomac qui se faisaient entendre à des lieux de ma table, je sentais même des yeux se poser sur moi…et ayant perdu le sens de la révolte et de la rébellion, car état d’urgence oblige, j’abdiquai ( c’est plus facile ! ) devant ce gominé.


Moi : DJIBHA !! ( ramène la moi )


Le gominé s’éloigna de ma table et un insecte vint se poser. Avec des gesticulations, j’ai essayé de l’en éloigner, mais Mr l’insecte n’en  fit qu’à sa tête et comble du comble vint me piquer !!


J’ai senti un léger picotement mais j’ai fini par l’écraser !


Quelques minutes à peine s’écoulèrent et des bribes de discussions venues de toute part se bousculèrent à mon oreille. Je ne distinguais pas grand-chose, juste une espèce de vague énorme de voix s’amoncelant à l’entrée de mon conduit auditif.


Prise de peur, je ne comprenais plus rien, je mis mes mains sur mes oreilles, puis plus rien., plus aucun son. Je poussais un grand Ouf ! les voix n’étaient pas dans ma tête, un instant, je pensais devenir Schizo !!


J’ai retiré mes mains et voila que les voix reprennent de plus belle. La panique reprit mais, la curiosité l’emporta.


Que s’est-il donc passé en moi ? Ma capacité auditive est devenue subitement extraordinaire !! je pouvais entendre la course d’une fourmi qui évite de se faire écraser par un 56 ! Etait-ce la piqûre de l’insecte bizarre qui m’a inoculé ce pouvoir ?!


Qu’importe, l’essentiel s’est d’en profiter. Je commençais à maîtriser les décibels qui me parvenaient, je pouvais les filtrer. Que de choses qui me passaient par la tête, je peux vendre mon nouveau pouvoir, travailler comme espionne dans les plus grands pays du monde, entendre le cliquetis des coffres dans les banques, écouter derrière les murs des voisins… entendre les méchancetés qui se disent derrière mon dos au boulot. Vive la providence, vive l’insecte, le pauvre, dire que je l’ai écrasé sans état d’âme, heureusement que j’ai pu récupérer son poison magique !!

 

La faim  disparu sous l’émotion, et je me mis à vouloir écouter les discussions des tables à coté.


Cheveux tirés derrière les oreilles, je me mis à choisir par ordre d’affinités les victimes de ma curiosité prochaine. Je choisis une table pas trop éloignée,  un couple d’un certain âge y discutait avec animation, lisez plutôt..

 


Elle : Tu as vu le prix de la pizza ? c’est trop cher, pourquoi tu nous a ramené ici ?

Lui : Pour une fois qu’on peut manger rien qu’en tête à tête, allez, ne pense pas aux dépenses,

Elle : Et dire que nos enfants ne vont manger que de la Kalantita que je leur ai donné en sandwitch

Lui : Et alors ? nous on avait même pas le privilège de la manger à notre époque, que de la galette sèche !

Elle : Moi, je mangeais bien chez mes parents

Lui : Que veux-tu insinuer par là, tu ne manges pas bien depuis que tu m’as épousé ?

Elle ( regrettant la méchanceté lancée ) : Non, que crois-tu ? je ne faisais que penser à nos enfants

Lui : Arrête de penser et mange à pleine dents, tes enfants grandiront et mangeront beaucoup mieux qu’une pizza b’temoutache !! tout un plat pour un si petit plat !!


Je détournais mon oreille, la discussion commençait à m’ennuyer, je cible cette fois, deux jeunes femmes qui paraissaient partager des secrets. Avec un sourire narquois, je mis la fréquence voulue et mine de rien, j’entendis ceci,

 

Tilleli : Alors Kezak, que s’est-il passé ?

Kezak : Rien, il est parti

Tilleli : Comme ça, tout bêtement ?

Kezak : Oui, tout bêtement. Ça préfère les salées, tu sais.

Tilleli : Salées ?

Kezak : Oui, salées, pimentées, avec des condiments, on rajoute ça aux plats standards pour qu’ils passent. Un bon plat, n’a besoin d’aucun artifice,

Tilleli : Faut vouloir y goutter..

Kezak : Non, faut surtout pouvoir y goutter, un bon plat coûte cher.

Tilleli : Tu as la grosse tête Kezak !

Kezak : Pourquoi ? tous les chapeaux me vont, sauf le tien, trop petit..

Tilleli : EWWW ? tu me provoques ou quoi ? ça veut dire quoi tout ça ? tu es jalouse je crois, avoue le..

Kezak : Peut-être, je n’aime pas être devancée, tu as trouvé un amoureux et moi pas encore !!

Tilleli : Normal, si tu leur tiens un discours pareil,

Kezak : Et tu veux que je leur dise quoi ? que j’ouvre béatement ma bouche quand il dira qu’il sait écrire son prénom à l’envers !! que je vais m’évanouir d’émotion dès qu’il dira «  tu me plais, tu sais….. » à la Clark Gable

Tilleli : Ta verticalité va t’anéantir !

Kezak : Ma quoi ??

Tilleli : Ta rigidité mentale, sois plus souple,

Kezak : Je n’ai pas la barre de faire ! ( un coucou pour GAD ! )

Tilleli : N’importe quoi ! Arrête de te plaindre alors, et joue le jeu des standards

Kezak : JAMAIS !...... ……tu m’apprendras ?

 


La discussion ne tournait qu’autour de ça, j’ai fini par m’en lasser, je détournais mon attention vers une table, placée bien au fond, je n’arrivais pas à distinguer les personnages, mais j’ai été sciée en écoutant le mode de discussion, incroyable, lisez,

 


Elle : L'amour donne l'esprit aux femmes et le retire aux hommes,

Lui : La philosophie est une route qui mène de nulle part à rien,

Elle: Heureuses les amours qui se dénouent sans détours,

Lui : L'amour est aveugle, il faut donc toucher. De toutes les perversions sexuelles, la chasteté est la plus dangereuse,

Elle : Un chien sans queue ne peut exprimer sa joie,

Lui : A table comme en amour, le changement donne du goût,

Elle : Le plus grand amour est l'amour d'une mère, vient ensuite l'amour d'un chien, puis l'amour d'un amant,

Lui : L'amour sans une certaine folie ne vaut pas une sardine

Elle : Trois sortes d'hommes ne comprennent rien aux femmes: les jeunes, les vieux et ceux entre les deux,

Lui : Maint amoureux d'un grain de beauté commet l'erreur d'épouser la fille entière

Elle : La moitié des hommes sont des salauds, et l'autre moitié est horriblement ennuyante,

Lui : La bouderie en amour est comme le sel ; il n'en faut pas trop

Elle : Les hommes aiment la profondeur chez les femmes, mais seulement dans leur décolleté,

Lui : Le chasseur se fâche quand l'outarde lui monte au nez

Elle : La dinde est tolérante, mais elle déteste les farceurs.


 

AIE !!! j’ai été parasitée par un poste radio porté à même l’épaule par un gamin pas plus haut que trois pommes, il écoutait du Rai à tue tête et s’est arrêté à l’entrée de la Pizzeria, scrutant à l’intérieur, il reconnut ses parents, les premiers que j’ai espionné et vint à toute allure finir la pizza du papa non encore entamée, pauvre papa.. eh oui, tu n’auras même pas eu le temps d’en connaître le goût, sacré enfants « dakhir ezzamane ! »

 

Le temps de reprendre la fréquence parasitée, que le couple bagarreurs par proverbes inperposés se lève de table comme si de rien n’était et quitta la pizzeria sans avoir mangé, l’appétit a du partir et s’envoler avec les outardes…

 

Ces histoires pour filles, m’a ouvert l’appétit. Ma « b’toumatache » était placée sous mon nez depuis belle lurette, je ne m’en suis pas rendue compte à cause des émotions procurées par mon tout nouveau pouvoir.

 

A voir sa tête, ma pizza, ne me faisait pas vraiment envie, et me remémorant les mots de Kezak, je pris de la mayonnaise, de la h’rissa, de la moutarde et en mis sur cette soucoupe rouge, je la badigeonnais goulûment de cette mixture et « BLURP » dans le gosier. Pas mal la pizza une fois fardée. Faut pas trop se poser de questions, une fois dans l’estomac, tout aliment ressort de la même façon ( Sauf votre respect ).

 

Tout en mangeant, je regardais la télé placée en haut accrochée à un des poteaux de la bâtisse, juste au dessus d’un client esseulé avec son sandwitch dégoulinant.

 

L’émission réunissait sur un plateau les restes d’un journaliste nationalisé et  d’un pseudo politique ( PP ) , le débat fut d’un niveau à vous faire verser une larme..

 

Journaleux : Votre subliminale grandeur, qu’allez vous faire après avoir élu le monarche de la république ?

PP : Hum hum.. ( visiblement gêné )

Journaleux : Oh.. pardon… votre sublissime patron de la république …

PP : Nous avons eu les élections haut les mains !! … haut la main.. Pardonnez moi, et nous comptons faire reculer le chômage de 500%, réaliser un taux de croissance économique de 85% chaque jour. Nous promettons des appartements grand standing avec vue sur la mer ou le désert, c’est selon les convictions.. enfin, les goûts, moyennant 10.000 dinars d’avance en premier versement pour celui qui peut ( comme le Hadj ) sinon rien, walou, battel. Le prêt se fera sur une période de 100 ans qui pourra être prolongée à perpétuité pour les récalcitrants.. Pardon, pour les vétérans,

Journaleux : Et le PIB par habitant sera de quel pourcentage, faites le nous rappeler votre grandeur nature !!

PP : ….. c’est quoi le PIB ? c’est un nom scientifique ou politique ? ne faites pas dans l’amalgame sinon… notre makhzen local s’en chargera.. vous habitez ou dejà ?

Journaleux ( vert de peur et hors antennes, un différé direct ! ) : Le  Produit intérieur brut votre seigneurie.. c’est écrit ici, questions à poser.. je n’ai rien fais moi, je ne fais que répéter et lire ce qu’on m’ordonne..

PP : De 85 % par jour !! je dois me répéter ou quoi ?? sacré farceur de journaliste HA HA HA ( montrant toutes ses dents blanchies chez un dentiste made in USA )

Journaleux ( toujours vert ) : Votre calamité.. pardon, votre solennité, qu’en est-il des régions de l’extrême extrême qui souffrent de l’éloignement de leur village des cinémas et des manèges..enfin, pour ceux d’entre eux qui s’ennuieraient  à ne rien faire pendant la journée…

PP : Nous allons quadrupler sinon plus le maillage routier, autoroutier, par voie ferrée, par voie aérienne, par voie spatiale pour faire sortir de l’isolement nos chers con citoyens qui ont voté massivement et sans hésitations nocturnes  ..pardon, aucune pour NOUS !! Nous allons  procurer des voitures 4x4 pour chaque père de famille, s’il préfère les voyages terrestres, sinon, nous avons passé commande auprès des Russovitch pour des soucoupes aéronautiques à 500 pégases. Ils pourront relier les centres de loisirs en quelques secondes. 

Journaleux : Qu’en est-il des mères de famille ?

PP : Elles n’en qu’à suivre derrière !

Journaleux : Le mot de la fin votre sérénissime…..

PP : Quoi ? la fin ?quelle fin ? JAMAIS DE FIN !!!!

Journaleux : Juste pour clôturer cette émission votre Altesse..

PP : Ah ! bien sûr, je souhaite un bon rétablissement au peuple gentil et beaucoup de  faim pour le reste …

 

J’en avais avalé ma pizza entière sans épices, sidérées par autant de bonnes nouvelles.. pas possible, faut vite que je me remémore ou je suis, allez, un petit branchement pour écouter quelques lamentations toutes fraîches et véridiques

 

Mais, que ce passe-t-il ? L’effet magique est parti.. je ne peux plus rien entendre.. rien, même pas le mauvais son du journaleux.. L’effet était donc limité dans le temps et moi qui ai tué l’insecte, j’ai scié ma propre branche…

 

Puis, soudain, je vis une ancienne connaissance entrer au restaurant, je ne m’y attendais guère

 

To be continued…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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WalouLand
Créé le : 25 mars 2008 15h31 Article posté par : Web

TchatcheBlog: WalouLand

Il était une fois, un homme venu s’adosser à un arbre, heureux de s’y retrouver, « Enfin, se dit-il, je savoure ce silence si agréable qu’il envahit mon être » Et il poussa un grand « Hummm » de plaisir.

 

Alors, loin du regard des hommes, il s’assied, exposant son visage et corps au souffle d’une brise de vent ( j’allais écrire bise, ça colle aussi ! ).

 

On va l’appeler, Salem, juste comme ça, ne cherchez pas de sous entendu ou de sens profond au nom ni au texte, il n’en existe pas et puis, je n’ai pas envie de donner un sens, juste raconter un peu et remplir les lignes.

 

Un doux  et paisible sentiment de sérénité et tranquillité envahit Salem, il ferme les yeux et doucement sans aucune résistance, le sommeil vient à lui et il s’assoupit.

 

Soudain, une voix surgissant de nulle part le réveilla, croyant que c’était encore sa femme venue, comme à son habitude, le soutirer de sa tranquillité à peine retrouvée, d’une joie à peine entamée, Salem répondit laconique..

 

Salem : Oui, j’arrive … comment m’as-tu retrouvé ?

La voix : ça n’est pas ta femme Salem..

 

Salem, sursauta au son de cette voix qu’il ne reconnut pas, se tourna et retourna dans tous les sens, il ne voyait personne. La voix était indicible, ni celle d’une femme ni celle d’un homme et paraissait très proche de lui. Salem eu peur et demanda à la voix

 

Salem : Qui êtes vous ? je ne vous vois pas, ou êtes vous ?

La voix : N’aies crainte homme, je viens en ami. Tu as déjà vu les films de Don Camillo ?

Salem ( n’en croyant pas ses oreilles ) : Oui,

La voix : Alors, en ce moment, tu es Don Camillo et moi la voix !

Salem : Mais.. je ne suis pas chrétien !!

La voix : Et moi, je ne suis pas jésus ! c’est pour te faciliter les choses, les voix off n’existe pas en islam et te dire que je suis un Djine te ferai développer des 100 mètres haies à toute allure!

Salem ( la peur au ventre ) : Que me voulez-vous alors ?

La voix : Rien homme, je viens te demander l’inverse : Que me veux-tu ?

 

Salem reprenant ses esprits, la voix curieusement le rassurait au fur et à mesure répondit «  J.. J’ai rien demandé…. je… je ne sais pas… »

 

Salem respira un bon coup, il aéra un moment son cerveau plus ou moins cartésien, resté figé dans sa boite crânienne, ne sachant plus dans quelle rubrique mettre cette étrange apparition audio. Il choisit la voie la plus rassurante, c’est une voix à la Don Camillo ( sacré Fernandel ), sympathique et inoffensive.

 

La voix : Allons Salem, parle..

Salem : Qui vous a dit que je m’appelais Salem ??

La voix : Tu as bien compris… parle maintenant,

Salem : De quoi voulez-vous que je parle ? Pourquoi voulez-vous que je parle ?

 

La voix : Parce que je te le demande, je sais que tu as beaucoup de choses sur le cœur, alors parle et finissons-en !

Salem ( piqué au vif ) : Je ne vous ai rien demandé, c’est vous qui êtes venu vers moi

La voix : Je sais, je sais, excuse moi, mais parle nom de …. !!!

Salem : De quoi ?

La voix : De ce qui te tourmente, des raisons majeures et mineures qui t’ont fait venir sous cet arbre..

Salem (reculant de l’arbre, et se retournant vers lui ) :… C’est.. toi.. l’arbre qui parle ?

La voix : As-tu déjà entendu un arbre parler ? Allez, ne te pose pas trop de questions, d’ailleurs c’est l’une des raisons qui te font fuir.. tu te poses trop de questions

 

Salem, se senti délivré subitement de toute pression, de toute peur, senti son corps et son cœur s’alléger, eu une très grande sérénité pendant un moment, s’adossa sous l’ombre de l’arbre en cette douce journée de printemps et sa langue se délia :

 

Salem : Il y a beaucoup de choses à laquelle je ne cesse de penser, des fois je me dis que ça n’est pas bien d’y penser, mais je ne peux m’en empêcher,

La voix : Comme quoi ?

Salem : Comment j’ai géré et je gère ma vie. Je ne l’avais pas prévu ainsi

La voix : Et tu aspirais à quoi ? N’oublie pas que tu es à WalouLand*

 

*Je ne donne pas de nom de pays pour ne pas faire de mauvaise publicité ( zaama ! )

 

Salem : Je l’avais planifié selon WalouLand, et le walou s’en est retourné contre moi. Chaque fois que je crois avancer, rien n’arrive ou bien, les choses arrivent contrairement à mes attentes,

La voix : Comme pratiquement tous les walouLandais, 

Salem ( sans avoir entendu la suite, n’attendait que cela ) : Je suis né et grandi dans une famille simple, mes parents ont tout fait pour m’assurer le meilleur avenir possible, je n’ai jamais eu à travailler lors de mes études et ..

La voix : Tu crois que tu aurais pu trouver un job pendant les vacances dans cette partie de mon mo.. enfin du monde ? voyons Salem, ça ne se passe pas comme ça ici !

Salem : Juste pour marquer le point vis à vis de mes parents, j’ai été assisté pendant presque 30 ans, jusqu’à ce que je puisse trouver un travail digne de se nom, je n’ai réussi à me trouver un logement qu’après mon mariage, il fallait que ma femme travaille également, une option à exiger avant les fiançailles.

La voix : C’est le prix de la modernité, et puis on est au 21ème siècle, qu’y a-t-il de mal à cela ? ça se passe plutôt bien pour toi,

Salem ( soupir )  : Oui, tu as probablement raison, mais j’aspirais à mieux il y a quelques années, les choses tardent à venir et d’autres se déroulent autrement que comme je l’avais souhaité…

La voix :  Dis les choses plus clairement, libère ta conscience Salem, j’ai pas que ça à faire !

Salem : Je subis plus que je ne vis. J’ai l’impression de subir la vie. Je n’en profite pas du tout, je ne suis bien nulle part… jusqu’à quand cela va durer. Dans mon boulot, je dois supporter toutes les fourberies de mes collègues, je dois distribuer des salamaleks aux gens que je n’apprécie pas spécialement, je ne peux même pas me donner quelques allures fières aux clients que je reçois vu qu’on se retrouve souvent faisant la pas de grue à attendre le bus et au pire, me battre pour une place debout… quelle humiliation ! Pourtant, je me voyais grand jadis…

 

La voix : Dis toi bien que tu n’es pas le seul à être dans cette situation, continue Salem, parle

 

Salem ( Continuant sur sa lancée ) : La routine me tue à petit feu, tous les jours c’est le même rituel, se lever à une heure fixe, aller au travail, faire des sourires, des fois des courbettes malgré moi, je fais l’âne pour manger l’avoine. Est-ce que cet avoine mérite-t-il d’être mangé, son goût me  fera-t-il oublier l’amertume de l’humiliation..

La voix : Voici un grand mot que tu utilises « humiliation », pourquoi tant de dureté envers toi Salem, veiller à garder son travail, n’est point humiliation.

Salem : Et pourtant c’est la cas, je me sens humilié à chaque fois que je dois me taire devant un mensonge avéré, à chaque fois que l’on me prend à témoin pour justifier l’injustifiable, et pour soulager le peu de conscience qui me reste, je me dis que je le fais pour ma famille, son bien être pour laver une vie faite toute de « petites » lâchetés,

 

La voix : Y’a-t-il plus noble pensée que de protéger sa famille.. malgré ce qu’il t’en coute.

Salem : Je ne me voyais pas finir comme ça….

La voix : Finir ? je ne l’ai pas encore déci… je veux dire que tu es encore à la force de l’âge, Salem, ta carrière n’est pas la seule raison de ton désarroi, il y a autre chose, parle encore…

Salem : Te dire quoi ? Que je ne suis pas à l’aise même au sein de ma propre famille ? Je n’arrive même pas à me l’avouer à moi-même, c’est tellement dur de se sentir étranger chez soi. Les enfants ont grandi, ma femme a depuis longtemps oublié qu’elle avait un mari et..

La voix : Ne voila-t-il pas un capricieux ? Pourquoi dis-tu que ta femme t’a oublié ?

Salem ( feignant ne pas avoir entendu la question, continue sur sa lancée ) : J’ai l’impression que mes enfants ne m’aiment pas, ils sont très proches de leur mère, je les vois souvent se regrouper à part dans une pièce, rigoler, partager des secrets auxquels je ne suis pas associé, c’est à peine s’il me lance un bonjour le matin et bonsoir quand je rentre du travail. Je ne suis qu’une caisse d’argent, un fournisseur comme ont dit dans ce bled.

La voix : Et ta femme, que lui reproches-tu ?

Salem : Elle ? rien.. je ne sais plus…depuis le temps qu’on ne se parle qu’à demi mots. On en a passé du temps à rêver, planifier quand on était encore un jeune couple sans argent. On s’est aimé aussi, beaucoup, du moins pour moi. Et depuis quelques années, ça n’est plus qu’une amie, je dirai plutôt une parente, qui habite ma maison. J’ai comme un vide à combler dans mon cœur, et cette pensée me rempli de tristesse,

La voix : Tu aurais préféré quoi ?

Salem : Avoir mes enfants de mon coté, les voir m’aimer. Désirer encore ma femme,

La voix : Peut-être que tu t’y es mal pris au tout début, le début Salem, tu t’en souviens ?

Salem : Et comment ne pas m’en souvenir, leur naissance, les regarder grandir, leurs premiers pas, leurs premières paroles, leur premier jour d’école…

La voix : Je t’arrête net Salem, ces mots sont ceux que tu entends dans les téléfilms de M6, suis branché moi également la haut ! Tu n’as pas vraiment participé à tout cela, Dahbiya était pratiquement seule à les élever

 

Salem, regardait encore une fois autour de lui en se disant, comment diable ( Oups ! ça n’est peut être pas le bon mot ! ) connaissait-il le prénom de sa femme. Mais puisque lui-même répondait à la voix invisible, autant ne plus se poser de questions et continuer à parler, ça faisait du bien de ne plus rien garder de ses peurs et de sa honte cachée.

 

Salem : Je n’ai pratiquement jamais donné le biberon à aucun de mes enfants, je ne les surveillais même pas dans leur scolarité, Dahbiya faisait tout. C’est comme si je comptais beaucoup sur son énergie et sa volonté, elle en a à en revendre, je l’avoue.

 

La voix : Il est donc normal et naturel que tes enfants aient plus de complicité avec leur mère, il n’est pas trop tard pour corriger le tir, en as-tu au moins le courage ?

Salem : Peut être trop d’orgueil, même avec mes enfants, quelle éducation de montagnard ai-je pu avoir ?! un orgueil très mal placé, avec mes enfants, ma femme. C’est comme si une certaine pudeur me retient par rapport aux sentiments que je pourrai ressentir ou exprimer envers eux.

La voix : Puisque tu sais tout ça, pourquoi n’essayes donc tu pas de changer les choses ?

Salem : Il est trop tard je crois

La voix : Pourquoi donc ?

Salem : Parce que tout se retourne contre moi, mes enfants ne m’apprécient pas, je pense qu’ils ne doivent pas se sentir à l’aise avec moi, dès que j’entame une discussion ou veux rentrer en complicité avec eux, je les sens se raidir, et du coup, je me fige moi également. J’ai du paraître trop sévère à leur jeune âge, je ne m’en suis pas rendu compte… pas du tout. Quant à ma femme, son sourire ne m’est plus adressé depuis un bon bout de temps dejà, j’ai l’impression de ne plus l’aimer comme avant

La voix : Salem, tu as fait un mariage de raison, alors, l’amour tu as dû le construire au fil du temps, tu peux refaire le chemin inverse,

Salem : Si je le veux vraiment.. là est toute la question

La voix : Que veux-tu vraiment ?

Salem : Tu tiens vraiment à l’entendre ?

La voix : Déballe ton sac !

Salem : Je ne veux plus monter dans le bus !! Je veux dire ses quatre vérités au dirlo, que normalement, dans un bled digne de ce nom, il ne mériterait même pas de surveiller une chèvre. Je voudrai ne plus devoir faire la queue au CCP pour avoir ma paye minable qui me fait honte, donné par un guichetier sans âme. Je voudrai que nos gouverneurs ne passent plus par nos routes à chaque fois qu’ils auront envie d’aller au toilettes, qu’ils créent des embouteillages monstres à cause d’espèce d’écervelés illuminés à qui on donne plein pouvoir. Je veux avoir ma propre voiture sans crédits, je veux acheter ce que bon me semble sans avoir à compter mes sous, j’aimerai pouvoir voyager là ou bon me semble sans avoir à montrer patte blanche et sans avoir à attendre que mes poils de barbe blanchissent à attendre à éventuel courrier d’un préposé au guichet qui verra si ma tronche lui sied ou pas. Je voudrai que nos concitoyens ne soient pas si cons que ça, qu’ils sachent sur quel pied danser, je sens en eux comme un patchwork de tous les amalgames de l’histoire récente et ancienne, tout a été désintégré, c’est comme une pyramide qui se tient en équilibre précaire sur son somme. Je voudrai qu……

La voix : Stop !! Tu sautes du coq à l’âne.. EWWW ??!! Tu me parlais de ton désespoir de regagner l’amour familial et tu me fais tout un discours politiquement orienté .. ne me crée pas de problème, S’IL TE PLAIT Salem !! Tu es sorti du sentier dans lequel on était, le sujet principal était ta famille et voila que tu me parles de tes problèmes subsidiaires…mais bon continue à parler ( ne cite pas de nom ), on y arrive

Salem : Continuer quoi ? à lister ce qui ne va pas ? je ne suis pas mieux moi non plus, suis comme eux….

La voix : A la différence, que toi tu en as conscience,

Salem : Et cela change quoi à la situation ?

La voix : Si tu en es conscient, tu pourras changer ce qui peut l’être

Salem : Changer mon dirlo, le guichetier, le peuple !!

La voix : Non, moi déjà, j’ai baissé les bras ça fait belle lurette, je te demande d’être egoiste pour une fois et de ne penser qu’à toi,

Salem : Prendre femme et foutre le camp de la maison !

 

La voix : ça se voit que tu es de WalouLand, tu ne penses qu’à ça !! Sois moins égoïste quand même, ne pousse pas le bouchon Salem !

Salem : Reprendre langue avec mes enfants et ma femme, reconstituer ma vie, avec un peu de courage, et moins d’orgueil j’y arriverai peut être,

La voix : Pourquoi-pas et puis avec un coup de pouce on va essayer d’arranger l’autre voie,

Salem : Laquelle ?

La voix : Celle de ton cœur à moitié vide… qui te rend encore plus triste et fragile à affronter les vicissitudes de la vie

Salem : Tu l’as vu sur M6 cette réplique ? tu peux faire mieux tu sais,

La voix : Moque toi de moi, tu es aigri.. je connais cela, c’est devenu à la mode sur ces terres du monde.. pourtant, je n’avais pas prévu cela sur mon planning, ça ne doit pas évoluer de cette façon, c’est pour ça que de temps à autre je fais des descente surprises pour constater par moi-même, et je constate.

Salem : Tu constates quoi ?

La voix : Que tu me dois plus de respect dejà homme !! mais, il est vrai que je ne t’ai pas présenté ma Carte d’Identité.

Salem : Et qu’est ce qu’elle dit ta carte d’identité ?

La voix : De ne pas t’inquiéter, de ravaler ta fierté et de te réveiller….. réveille toi Salem, réveille toi..

 

Salem sursauta, il se leva de l’arbre et appela la voix, personne ne lui répondit, sauf un miaulement de chat n’ayant que la peau sur les os, qui l’observait bizarrement, avec un air quémandeur lui faisant rappeler ses clients...

 

Salem, poussa un soupir et sourit, « ça n’était donc qu’un rêve » se dit-il, un drôle de rêve, il ramassa sa veste, jetée à coté de lui, s’épousseta et résolument, pris le chemin du retour, le seul qu’il connaissait, celui de Dahbiya et de ses enfants.

 

La voix : ça y’est il est parti ?

Ma voix off : C’est bon, tu peux sortir Dahbiya !!

 

 

 

 

 


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CHAK
Créé le : 23 févr. 2008 17h21 Article posté par : Web

TchatcheBlog: CHAK

Un jour que Kezak se rendait à son travail, le pas alerte comme si elle allait rater un rendez vous important, au virage qu’elle prend comme Charlot ( elle freine comme lui au tournant, vous connaissez la fameuse scène ? ), un cri, plutôt un hurlement la fait s’arrêter net.

 

« KEEEEEZZZAAAAAAAKKKKKK »

 

Elle se retourna et chercha des yeux le visage contenant cette bouche dont la glotte a failli s’en décrocher. Incrédule, Kezak reconnu immédiatement le propriétaire de l’organe, c’était CHAK, un ancien ami rencontré sur le net…

 

Kezak : CHAK ?


CHAK
 : Oui !! même de dos je te reconnaîtrai et même à 100 ans d’âge, demande moi pourquoi ?


Kezak
 : Vas y, fais moi peur


CHAK
 : à ta démarche et la prise de ton virage à la Charlot, t’es toujours aussi…


Kezak
 : Fais gaffe à ce que tes lèvres formuleront….


CHAK
 : Aussi splendide !


Kezak
 : Merci CHAK, toi toujours aussi….


CHAK
 ( feignant l’inquiétude ) : Kezak, s’il te plait, sois clémente


Kezak
(souriante ) : Aussi élégant !


CHAK
 : Venant de toi, ça me réchauffe le cœur,


Kezak
 : Allons papoter ailleurs, 


CHAK
 : Il est 13 h Kezak… le boulot, je te connais, une vraie bête de somme


Kezak
 : Tant pis pour eux, ils m’attendront, allons discuter quelque part,


CHAK
 : Allons, tu dois sûrement être irremplaçable, dans ton job 

Kezak
 : Bien sûr que … oui ! mais ça me fait une belle jambe, je bosse toujours plus que tout le monde malgré ma grande gueule de rebelle zaama.. bref, parlons d’autres choses si tu le veux bien, viens au milk bar*

 

* Je sais appellation ringarde des années 80 mais maalich, on laisse passer

 

Plus loin, dans un milk bar ou les filles fument comme des cheminées, tenant leur cigarette à la Garbo, les garçons, en survêtement plus grands que leur frêles épaules mal nourries, nos deux compères, heureux de se retrouver, se racontent :

 

CHAK : Alors, que deviens-tu Kezak, après tout ce temps ?


Kezak 
: Fais un sourire à la caméra avant,


CHAK
( se tournant dans tous les sens ) : Elle est où ? je ne la vois pas,


Kezak
 : Je te dis de  faire un sourire, Alilad nous filme la bas, derrière le kiosque, elle est à l’affût de chacun de mes faits et gestes

CHAK : Alilad ?


Kezak 
: Bien sûr que tu ne la connais pas, tu as quitté le tchat il y a belle lurette..


CHAK
 : C’est vrai, je n’ai rien à y faire et cette Alilad, c’est quoi son histoire ?


Kezak
 : Elle écrit des articles, de petites histoires dans l’unique blog qu’elle a crée zaama, et elle pompe ses histoires à travers moi, Tilleli, une amie et d’autres également.. Tu sais, des fois, elle me fait rappeler Pénélope, elle tisse sa tapisserie en attendant le retour de son Ulysse


CHAK
 : Et l’Ulysse ?


Kezak
 : Je pense que la cire dans ses oreille a fondu, il a du prendre une frelatée, le chant des sirènes l’a englouti..


CHAK
 : Qu’est ce qui te fait dire ça ?


Kezak
 : T’as vu la tapisserie de notre Pénélope ? elle ne cesse de s’allonger..


CHAK
 : ça ne veut rien dire tu sais, mais j’admire sa persévérance..

 

Ma voix off : Merci CHAK. Quant à toi Kezak, je t’aurais au tournant, crois moi.

 

Kezak : Ne parlons plus d’elle, dis moi, tu m’as l’air bien dans tes baskets ? tu m’inquiètes…


CHAK
 : Au lieu de t’inquiéter, tu devrais être ravie pour moi


Kezak
 : Et pourquoi donc ?


CHAK
 : Parce que ton ami a enfin rejoint sa Pénélope !


Kezak
 : Alilad ?


CHAK
 : Nooooon ! pas elle, trop compliquée pour moi..


Kezak
 : Tu la connaissais alors ?


CHAK
 : Bien sûr que oui, j’adore lire ses articles


Kezak
 : Alors ?


CHAK
 : Je l’ai rencontré par hasard, les belles choses arrivent quand on s’y attend le moins. Je te passe les détails, et puis voila, je suis lié jusqu’au cou avec elle..


Kezak
 : Arrête ! je sens une bouffée de jalousie nouer ma gorge et faire monter des larmes à mes yeux….


CHAK
 : Tant que ça ? ……… ça va mieux ?


Kezak
 : Non, pas encore !! je te dirai quand ça ira mieux,

 

Quelques minutes après…

 

Kezak : C’est bon, continue maintenant


CHAK
 : Pourquoi Kezak, je ne te connaissais pas comme ça, tu parais si forte..


Kezak
 : J’ai aussi droit à mes moments de faiblesses. J’ai remarqué beaucoup de choses, depuis que je discute avec les gens.


CHAK
 : Tu sais très bien que discuter au net est une autre approche de la personne, elle est plus spirituelle, et puis, souvent la réalité l’emporte, la vie de tous les jours l’emporte aux fantasmes nés des discussions. Et que cherche-t-on, le mariage, l’amour, l’amitié, rien.. notre société, notre culture est assez paradoxale. Essayer de vivre bien dans les limites permises par nos lois, pas simple tout ça


Kezak
 : Tiens ? je ne te connaissais pas si philosophe ! je voudrai te poser une question ?


CHAK
 : Vas y,

Kezak : Elle est belle ta dulcinée ? non, non, je rigole, en fait, j’aurais bien voulu comprendre pourquoi souvent ce sont les hommes paraissant être les plus instruits qui sont le plus souvent à coté de leur pompes ?


CHAK
 : Sois plus claire,


Kezak
 : Je ne sais pas, ils nous accablent de toutes les tares du monde, enfin, je parle des femmes « bananes » celles qui rêvent même à l’âge de liquéfaction


CHAK
 : C’est quoi l’âge de liquéfaction ? qu’est ce que tu nous inventes comme mots Kezak, t’en perd ton latin, enfin, ton berbère !!!


Kezak
 : Alilad s’en chargera,


CHAK
 : Allons, on reprend, c’est quoi ton souci ?


Kezak
 : ça n’est pas un souci mais une constatation sérieuse, souvent, ceux qui paraissent être intelligents ratent les occasions de leur vie.


CHAK
 : Qu’est-ce que tu insinues par occasion de leur vie ?


Kezak
 : Leur bonheur,


CHAK
 : Le bonheur ? chacun à sa conception du sien. Ça n’est pas parce que certaines histoires n’ont pas marché, je parle de toi, que tu crois qu’ils ont raté leur bonheur


Kezak
 : Qu’est ce….. qu’oses-tu insinuer ?


CHAK
 : Je t’apprécie beaucoup Kezak, mais, rends toi à l’évidence, tu n’es pas plus simple qu’Alilad, et pourquoi ne serait-ce pas toi qui aurait raté les occasions de ta vie ?


Kezak
 : Tu parles de toi, de notre début d’idylle qui a mal tournée ?


CHAK
 : Entre autres, pourquoi pas…


Kezak
 : J’ai bien fait apparemment, puisque tu as trouvé ton bonheur ailleurs, ça n’était pas moi, voila tout.


CHAK
 : Vu de ce coté, tu n’as pas tout à fait tort, mais on n’a même pas essayé,


Kezak
 : Faut provoquer son destin, mais pas le forcer


CHAK
 : Ta devise ?


Kezak
 : J’en change chaque jour, je prends souvent celle qui m’arrange et arrange mon ego


CHAK
 : Tu penses trop,


Kezak
 : C’est parce que j’ai un gros nez !


CHAK
 : Qu’est ce que cela à avoir ? t’es folle !


Kezak
 : Je t’explique, quand tu as un gros nez, tu as de grosses narines, donc, ton cerveau est bien oxygéné alors, tes neurones font la bamboula !


CHAK
 : Kezak, t’es exactement comme ceux que tu critiquais tout à l’heure, rappelle toi, ces pseudos intello qui tournent au rond à la recherche de leur deuxième savate


Kezak
 : Tu fais mon procès ?


CHAK 
: Laisse tomber, faut de tout pour faire un monde et dis toi bien que tu n’es pas au bout de tes surprises. C’est bien Kezak, continue, tu grandis un peu dans ta tête de fille de 15 ans !!


Kezak
 : Comment ça de 15 ans ?


CHAK
 : Je sais que tu adores Sandy Belle !!


Kezak
 : C’est pas vrai du tout !! enfin, il y a longtemps…j’aurais bien voulu avoir un Marc comme le sien


CHAK
 : Elle a été le chercher son Marc, elle !!


Kezak
 : Tu regardais Sandy Belle toi également ?! tricheur ! Pendant que tu y es, Bridget également a eu son Marc !!


CHAK
 : Je le sais, ça va rassurer Alilad


Kezak
 : Et que crois-tu que je suis en train de faire moi, je n’arrête pas de disserter depuis tout à l’heure quant à la nature de nos humanoïdes dits autochtones, je tisse ma tapisserie moi également. Je dois partir CHAK, je t’assure cette fois, ils ne me rateront pas les grattes papiers de la boite ou je bosse


CHAK
 : Attends, je ne t’ai pas raconté mon histoire.


Kezak
 : T’as eu ton coup de bol en grattant au Loto??


CHAK
 : Oui, je le crois, je l’espère du moins


Kezak
 : Comment ça s’est passé ? raconte vite.. Oups ! il se fait tard, je suis obligée d’y aller


CHAK
 : Tu es sûre de ne pas vouloir écouter mon histoire… tu vas le regretter Kezak..


Kezak
 : Si, mais je serais trop jalouse, la sauce n’a pas pris entre nous deux , normalement tu devais te défenestrer après m’avoir perdue… mais ça n’est pas le cas, tu as l’air si serein que ça m’énerve !!


CHAK
 : Tout à fait, tu ne restes pas pour l’histoire ?


Kezak
 : Désolée, suis peut être indispensable mais, on ne sait jamais, je peux être remplaçable comme tu as su me remplacer, je dois courir au bureau. Tu as dégonflé le ballon de baudruche que j’ai en guise de tête.


CHAK
 : Toujours pressée… file fillette, et moi je raconte tout à la fille du kiosque la bas..



Voix off
 : YOUPIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Une fête à la chez nous
Créé le : 01 févr. 2008 19h33 Article posté par : Web

TchatcheBlog: Une fête à la chez nous

 

 

Aujourd’hui Kezak, eh oui, vous l’avez oublié cette Kezak ! Tilleli a essayé de la doubler, mais, je ne la laisserai pas faire, je vais ressusciter Kezak dans cet article, Kezak est invitée à une fête.

 

Instant pensée : Une pensée au passage, j’ai constaté, que la vie c’est comme les soldes, quand on trouve une occasion et que celle-ci nous plait, faut pas hésiter à la prendre, sinon, quelqu’un d’autre s’en chargera. Pas mal comme pensée « profonde » de chiffonnière !

 

Je disais donc que Kezak allait ce jeudi à une fête, c’est une de ses amies « traître » qui vient de se marier en douce.

 

Chez nous, on cache souvent son fiancé ou son futur mariage, car le mauvais œil de la voisine, cousine ou même passante, peut influencer le cours de l’histoire ( ?), peut anéantir ce projet de fin de carrière, peut réduire à néant toute velléité d’accouplement officiel régit par l’état, donc MOTUS !

 

 

Instant justification : Je reviens à mes « standards » ( mariage, jalousie, hommes, célibataires endurcis, bayra, meskina, t’maghbine… ) mais, je me régale avec. Qui sait,  ça peut faire un bon sujet de sketch chorba pour notre «  EUNUQUE » nationale.

 

 

Kezak a un grand cœur, elle comprend la traîtrise non déguisée de sa copine, mais elle ne raterait pour rien au monde cette fête, une occasion de se distraire et aussi pour  délier sa langue. On adore scier pendant et aprés la fête, ça apaise notre envie d’un soir.

 

Entrée en scène de Kezak, suivons la…

 

A la porte d’entrée de la salle des fêtes, déjà pour la trouver, elle a dû s’arrêter à tous les magasins. Kezak, pense toujours qu’il n’y a pas meilleur qu’un commerçant pour vous orienter, mais ça n’était pas toujours le cas ce jour là.

 

Elle rentre gauchement dans cette salle bondée de monde, ou plus exactement, de femmes et d’enfants. Avant, elle a dû traverser toutes la horde d’hommes qui étaient dehors.

 

Instant méditation : Les grands perdants dans cette histoire de fête à l’algérienne, ce sont nos hommes, ils sont « parqués » dehors, qu’il vente, qu’il neige ou qu’il fasse +60° à l’ombre, ça ne change pas, pas de pitié. Pendant que leur femelles se déhanchent. Tiens, pour une fois qu’on a un avantage, CHAH FIKOUM les hommes !!

 

Et donc Kezak, bien que connaissant très bien la famille de la mariée, hésite à entrer dans la salle, trop de bruits, d’inconnues, les femmes, ayant des airs de « surtout ne me dérangez pas, je vous déteste » ou bien un air de « remettez moi votre cadeau et foutez le camp ! »..

 

Personne n’est venu accueillir à l’entrée Kezak, elle reconnaît l’une des sœurs de … Tilleli, la mariée.. eh oui !! vous ne vous y attendiez pas, c’est elle, Tilleli, la mariée ! Le père Noël ne l’a pas oubliée.. c’est à se poser des questions d’ordre spirituel… suivez mon regard…

 

Bref, Kezak ( El Meghbouna ), entre, reconnaît l’une des sœurs de Tilleli, venue quand même « accueillir le cadeau », après les salamalek d’usage, on l’oriente vers un siège, assez éloigné de la place stratégique.

 

Instant explication : La place stratégique dans une salle des fêtes ou dans une fête tout court, c’est celle qui est la plus proche du siège de la mariée, que dis-je, du trône de la mariée ( pas d’arrière pensée les mecs.. je vous connais mieux désormais ! ).

De là, on ne pourra rater aucun centimètre de tissu, aucun gramme de bijoux et aucune expression, grimace, rictus du visage de la reine d’un jour. Et pourquoi est-ce si important me diriez-vous ? et bien, c’est pour mieux raconter son envie en la sciant de long en large et de travers si possible, car inéluctablement, elle sera moche ce jour là, elle ne saura pas faire les choses ce jour là, car, celles qui sont de l’autre coté de la barrière, feront tout le contraire si elles étaient à « SA » place ( tant enviée.. ).Mais, se disent-elles, il est connu que le destin est mauvais répartiteur, comme on dit chez nous, donner de la viande à un édenté..

 

Kezak, est assise sur une chaise obtenue à l’arrachée, pas loin de la place stratégique et après qu’une vieille femme l’ai dévisagée. Kezak, pensant en son for intérieur « qu’a –t-elle à me regarder comme ça ? » «  je dois paraître vieille » «  je dois être moche » «  elle a peut être deviné mon désarroi et ma jalousie que je crois bien  cacher.. » «  et puis zut, je fais ce que je veux et des épines dans les yeux de la mégère »

 

Kezak, jette un coup d’œil au trône, la mariée n’est pas là, une des voisines, qu’elle ne connaît pas, compris le mouvement de Kezak, et lui explique que la mariée est en train de mettre sa troisième tenue.

 

Kezak : Ah d’accord, merci.. mais Tilleli..

La voisine : Vous la connaissez ?

Kezak : Oui, c’était ma voisine et mon amie à l’université,

La voisine : Vous êtes mariée ?

Kezak ( de quoi je me mêle !) : … Mazal,

La voisine( crâneuse ) : MOI CHUIS FIANCHEE !

Kezak : Tant pis pour vous,

La voisine ( hautaine ): Wachnou ?

Kezak : SAHA FIK !

La voisine ( Méchamment ): La mariée est très belle, ses robes également, je demanderai à sa mère l’adresse de sa couturière pour mon « FUTCHUR DEFILEE » cet été au bras de mon « FUTCHUR MARI »

Kezak : Cela m’étonne de Tilleli, elle paraissait être contre ce type d’exhibition,

La voisine : Exhibition ? vous osez appeler TASDIRA exhibition ?

Kezak : Oui, je le pense, je trouve ça même ridicule !

La voisine : Mais cela fait partie de nos traditions séculaires !!

Kezak : Pas les miennes,

La voisine : Ce sont les citadins d’origine qui ont ces traditions, pas les .. roturiers, enfin, les montagnards…

Kezak ( ironiquement )  : Mon origine est montagnarde, bien visée.. ça vous dérange que je le sois ?

La voisine : PPP…pas du tout !

Kezak : Je pensais … Juste vous dire qu’avant, c’étaient « la mariée » qui faisaient ses propres toilettes !

La voisine : Toilettes ? elles faisaient de la maçonnerie ???

Kezak : Leurs robes en termes plus « citadins », elles montraient leur savoir faire, c’était

   différent.

La voisine ( avec un air faussement hautain ) : Ah bon ! hum… ben oui, je le savais.. Maintenant on n’a plus le  temps, alors on se les fait faire.

Kezak : Pourquoi ? pour montrer qu’on a  des robes ?!

La voisine ( ne sachant pas quoi dire à cette écervelée en face ) :………

 

Tilleli, fait son entrée, Ouf, pauvre voisine, sauvée de cette mégère de Kezak, l’intello aigrie,

 

Tous en chœur on dit : KEZAK TAIS TOI !! RABAS JOIE VA !

 

Tilleli, très belle avec son ensemble algérois, Karkou et Serwal en soie.. Kezak, a eu un petit pincement, qu’elle pria de se taire et de se terrer au fond le temps d’une demi journée.

 

Avec toute sa theorie sur les pourquoi du comment des TASDIRATES, elle s’avoua que ce jour là, Tilleli fut belle, heureusement, que même sa coiffure a échappé au sapin de noël qu’on a l’habitude de voir et qu’on lui a épargné un bain de sang.. Oups pardon.. de maquillage.

 

Kezak : Tilleli est très belle, habillée ainsi, elle ressemble aux femmes des tableaux de Racem,

La voisine : OUIYE ( lire wiye ), mais je n’aime pas sa coiffure.. trop simple pour une mariée,

Kezak : ( décidément ! )

La voisine : Vous avez vu son mari ?

Kezak ; Non, pas encore,

La voisine ( sournoisement ) : Moi non plus, il doit sûrement être agé..

Kezak : Pourquoi vous dites ça ?

La voisine : Parce que Tilleli a dépassé la trentaine voyons ! vous comprenez ?

Kezak : Pas du tout ! j’ai la trentaine passée également et largement,

La voisine : Ah…. Ça se voit un peu … les hommes n’aiment pas les femmes « trop » mures voila

Kezak : Ils les préfèrent « vertes » ou « bleues » peut être ?

La voisine :…. J..Je n’ai pas compris ?

Kezak : ça se voit beaucoup !

 

Tilleli, encore une fois, interrompt cette guerre sournoise qui se mène entre deux générations et deux personnalités de femmes différentes, que le destin a réuni  autour d’une même table.

Cette fois, habillée en robe longue, de couleur saumon clair moulant tout prés son corps et faisant l’apologie de ses avantages féminins.

 

La voisine ( n’en pouvant plus ) : … Mon dieu, elle est maigre !!

 

Kezak, heureuse que la voisine d’en face enrage, ne dit mot.

 

Puis, le défilée continua et Tilleli toujours aussi belle. La fête continua, on vint servir les gâteaux, les salées, le rituel, toujours le standard, jamais de surprise.

 

Kezak, pensait que Tilleli serait plus originale, plus inventive pour la fête.. mais, on ne connaît jamais assez ses amis en fin de compte.

 

Et pendant que les hommes souffraient dehors… le DJ n’en faisait qu’à sa tête,

 

La voisine ( ne tenant plus sur place ) : Vous ne voulez pas danser

 

Levé de doute : Chez nous, les fêtes se passent pratiquement entre femmes, alors on s’invitent à danser, pas d’hommes à part le DJ, seul male convoité, le chanceux ! C’est pas le royaume de Loth…

 

Kezak : Je ne sais pas danser sur ce genre de musique.. il n’a pas arrêté de passer le même style de depuis le début,

La voisine ( l’air embêtée par l’énergumène d’en face ) : Pourquoi ? j’adore le Rai !!

Kezak : Désolée, c’est juste que je n’ai pas l’habitude,

La voisine : Vous êtes déphasée Mada… oh pardon MADEMOISELLE

Kezak ( pensant : elle m’énerve, je lui donnerai bien un coup de pied au dentier ! ) : Exact !

 

La voisine, alla se déhancher toute seule, puis toute un essaim de jeunes femmes la suivit. Kezak sentit à ce moment là que c’était vrai, elle était complètement déphasée, elle réprima un soupir et regretta un moment de ne pas être comme cet essaim, ça aurait été tellement plus facile.

 

Tilleli, en fin de défilé, entra en scène telle une lumière, sa mère rayonnante lui tenant la main, s’approcha des tables en présentant sa fille en robe de mariée, plus belle que jamais. Elle accompagna fièrement sa fille pas très loin de la porte d’entrée ( ou de sortie d’ailleurs ) et là, un bel homme avec un bel age, vint prendre la relève, s’empara du bras de sa bien aimée en robe blanche, et fit un tour avec elle.

 

Kezak, souriante, glissa un regard discret à la voisine, qui avait un rictus aux coins de la bouche, sourire jaune figé, comme si elle l’avait « collé » à son visage.

 

Kezak, était heureuse de voir son amie Tilleli enfin rassurée, elle semblait très heureuse en ce moment, pour après.. l’histoire nous le dira.

 

 

 

 

 

 

 

 


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Yamina
Créé le : 03 janv. 2008 19h03 Article posté par : Web

Cette histoire est purement imaginaire mais tirée d’un fait réel..

 

6h : Yamina s’est réveillée à la sonnerie du réveil de son téléphone portable, posé sous son oreiller. Elle le met toujours à portée de main pour l’éteindre aussitôt. Il ne fallait pas réveiller ses deux sœurs dormant chacune dans un des lits du salon arabo-mauresque, adossé chacun à l’un des trois murs de ce qui fait figure de salon le matin.

 

6h30 : Yamina finit sa toilette, prend son petit déjeuner, le prépare pour toute sa famille, met le lait dans un thermos et le café dans un autre, comme ça ils n’auront pas à le réchauffer.

 

Yamina est ainsi, aînée de quatre frères et sœurs, elle a un peu l’instinct maternel, peut-être parce qu’elle elle a aidé sa maman à les élever. Elle a pour ainsi dire « le foie », expression courante chez nous pour signifier l’amour maternel.

 

7h : Yamina est prête, elle sort de la maison, en cette journée d’hiver, il fait encore nuit, mais le chauffeur de l’organisme employeur doit être en bas, dans la parking de l’immeuble à l’attendre.

 

Said, le chauffeur est là comme d’habitude, son anecdote matinale est en gestation, Yamina aura l’avant première mondiale, c’est la première qu’il prend sur son trajet, il en verra l’effet pour la diffuser tout à l’heure à ses collègues.

 

7H30 : Dans les bureaux, Yamina fait le tour pour saluer ses collègues. C’est devenue une habitude, presque un rituel. Elle est comme ça Yamina, à dire qu’elle a « élevé son foie » même avec ses collègues.

 

7H40 : Son téléphone portable sonne, c’est son ami Riad. Un très large sourire se dessine et son regard est rayonnant. Sa collègue Meriem, devine le bonheur à peine voilé de Yamina chaque fois que Riad se manifeste. Meriem a bien compris le manège, elle est un peu jalouse. Elle n’a pourtant pas lésiné sur les moyens pour obtenir un fiancé. Yamina, sans aucun effort à pu attirer l’attention d’un Riad qui signifie paradis chez les musulmans.

 

8H 00 : Yamina raccroche à contre cœur, c’est l’heure de la réunion prévue ce matin avec des consultants et collaborateurs prestigieux. Yamina, loin d’appréhender ces réunions, en saisissait l’opportunité pour s’améliorer et acquérir l’expérience nécessaire à son métier.

Elle vient d’être fraîchement recrutée, elle doit faire bonne figure. Elle a besoin de ce poste.

 

8h15 : Début de la réunion, tout le monde est là. Yamina, ouvre son nouveau bloc note, prend son stylo pour ne rater aucun mot, aucune décision ni résolution prise. Elle a pour mission de rédiger le procès verbal. Yamina a peur, mais rien ne transparaît. Elle montre un visage serein et souriant. Faut montrer à ces étrangers qu’une algérienne peut égaler les leurs sinon les dépasser. Elle est comme ça Yamina, fière, un peu trop peut être.

 

 

9h15 : Le groupe de travail s’accorde une pause. On se lève de table, on se sert l’un du café, l’autre du thé, chacun y va avec son commentaire sur les problèmes des pays dits émergeants.

 

Yamina, n’aime pas que son pays soit considéré comme tel, un peu trop fière. Mais faut bien se rendre à l’évidence, il est émergeant à peine à vrai dire. Yamina le sait, mais n’en faisait qu’à sa tête, donnait ses explications « logiques et historiques » quant à la situation de son pays qu’elle aimait tant.

 

Pourtant, elle ne vivait que dans un F2 avec ses parents dans un vieux quartier d’Alger, perché sur les hauteurs de Bab El Oued. Elle avait « la foi » en ses potentialités. Elle connaissait ces jeunes du quartier, ceux avec lesquels elle avait fait ses étude, elle connaissait aussi Riad……

 

On admirait la verve de Yamina, on aimait l’écouter pas parce que ses dires étaient des vérités absolues, mais par sa sincère passion.

 

 

9h30 : Un bruit sonore, venant de loin, comme un lourd engin qui vient de tomber se fait entendre. Un instant, on se regarde, on ne comprend pas. Puis, une nouvelle arrive, une bombe a explosé à Alger, non à Bab El Oued. La rumeur ayant fait le tour, s’arrêta à El Biar.

 

Yamina a le cœur serré, des larmes lui montent aux yeux, elle passait tous les jours par là, elle connaît ce coin, surtout le centre commercial. Elle se faisait tout un programme pour des chaussures italiennes qu’elle avait repéré et prié le vendeur de mettre de coté.

 

9h35 : Le portable de Yamina sonne, elle sursaute, c’est sa maman..

 

Yamna : Yamina, tout va bien ma fille ? ou es-tu ?

 

Yamina : Je vais très bien yemma, ne t’inquiète pas, je suis au bureau

 

Yamna : Tu as entendu la bombe ? ils ont dit que ça n’était pas loin d’El Biar, ton chauffeur passe par là, tu ne me mens pas Yamina, dis moi, tu n’as rien ?

 

Yamina : Mais yemma, puisque je te parle ! On est en pleine réunion , je dois raccrocher, à tout à l’heure. Dis moi si tu veux que je te rapporte quelque chose avec moi en rentrant à la maison.

 

Yamna : Rien du tout ma fille, tu as fait les courses le vendredi passé, fais juste attent….

 

Un bruit assourdissant a failli blesser les tympans de Yamna

 

Yamna : que ce passe-t-il ? Yasmina réponds moi, réponds moi, par pitié? YAMINA YAMINA YAMINA, YAMINA

 

Yamna laissa tomber le téléphone, à gorge déployée, affolée, courant dans tous les sens tirant sur sa robe, la mère Yamna hurle la douleur de ses entrailles « YELLI»

 

Elle sort dehors implorant le secours des voisins. Yamna hébétée, ne sait plus marcher, ne sait plus parler, un seul mot, « Yelli », qu’elle répétait sans cesse.

 

Les regards des voisins l’inquiétaient, ils devaient savoir quelque chose, on lui cache quelque chose. Non, elle ne veut rien entendre, ça fait trop mal, pas Yamina, non, Yamina n’a rien fait, Yamina est sa fille.

 


Yamna voit arriver ses autres enfants, les yeux en larmes, la peur habitait déjà leurs traits.

 

On allume la télé, rien du tout, tout va bien sur Alger, on allume la radio, on appelle la police, les pompiers. Les rumeurs les plus folles vont bon train, jusqu’à ce que le téléphone, jeté quelque part au sol sonne.

 

Yamna, le cœur battant, espère que c’est sa fille, qu’elle a échappé aussi cette fois.

 

Yamna ( la voix tremblante ) : Allo ?

 

La voix au bout du fil paraissait hésitante, puis…

 

Riad ( sanglots étouffés ) : Mme ……, je suis l’ami de votre fille Yamina

 

Yamna : Elle est ou ma fille ? elle va bien ? que c’est-il passé ?

 

Riad ( en larmes ) : Est-ce que votre fils est là ?

 

Yamna : Pourquoi ? POURQUOI ??????

 

Et Yamna s’évanouit, ses filles l’entourent en pleurs, les voisins également.. les curieux aussi.

 

 

Mohammed, son fils, prend le combiné, la main tremblante, les yeux rougis, quelque chose est arrivée à sa sœur aînée, le courage lui manque, il hésite longtemps, il se remémore les longues nuits de conversations avec Yamina, elle lui parlait souvent de cet homme qu’elle connaissait. si courageux et fier en toute circonstance et qu’elle admirait. ‘ C’est toi l’homme de la famille après papa », qu’elle lui disait, « Ne te décourage jamais et surtout sache affronter toutes les situations, dis-toi bien que la vie est parfois cruelle et injuste »

 

 

10H : Yamina n’est plus……

 

 

 

 

 

 

 

 


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