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Bridget version made in Algeria
Coup de gueule

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TchatcheBlog: Bridget version made in Algeria

Catégorie : Coup de gueule
Créé le :  06 juin 2007 00h00 alilad
Modifié le :  03 août 2008 17h16
Visité :  7226 fois Cette semaine :  67 fois

Description :
Ceci est un blog rempli d'histoires à dormir debout. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations réelles..... n'est pas fortuite . Bonne lecture si vous avez le courage bien sûr.


WalouLand
Créé le : 25 mars 2008 15h31 Article posté par : Web

TchatcheBlog: WalouLand

Il était une fois, un homme venu s’adosser à un arbre, heureux de s’y retrouver, « Enfin, se dit-il, je savoure ce silence si agréable qu’il envahit mon être » Et il poussa un grand « Hummm » de plaisir.

 

Alors, loin du regard des hommes, il s’assied, exposant son visage et corps au souffle d’une brise de vent ( j’allais écrire bise, ça colle aussi ! ).

 

On va l’appeler, Salem, juste comme ça, ne cherchez pas de sous entendu ou de sens profond au nom ni au texte, il n’en existe pas et puis, je n’ai pas envie de donner un sens, juste raconter un peu et remplir les lignes.

 

Un doux  et paisible sentiment de sérénité et tranquillité envahit Salem, il ferme les yeux et doucement sans aucune résistance, le sommeil vient à lui et il s’assoupit.

 

Soudain, une voix surgissant de nulle part le réveilla, croyant que c’était encore sa femme venue, comme à son habitude, le soutirer de sa tranquillité à peine retrouvée, d’une joie à peine entamée, Salem répondit laconique..

 

Salem : Oui, j’arrive … comment m’as-tu retrouvé ?

La voix : ça n’est pas ta femme Salem..

 

Salem, sursauta au son de cette voix qu’il ne reconnut pas, se tourna et retourna dans tous les sens, il ne voyait personne. La voix était indicible, ni celle d’une femme ni celle d’un homme et paraissait très proche de lui. Salem eu peur et demanda à la voix

 

Salem : Qui êtes vous ? je ne vous vois pas, ou êtes vous ?

La voix : N’aies crainte homme, je viens en ami. Tu as déjà vu les films de Don Camillo ?

Salem ( n’en croyant pas ses oreilles ) : Oui,

La voix : Alors, en ce moment, tu es Don Camillo et moi la voix !

Salem : Mais.. je ne suis pas chrétien !!

La voix : Et moi, je ne suis pas jésus ! c’est pour te faciliter les choses, les voix off n’existe pas en islam et te dire que je suis un Djine te ferai développer des 100 mètres haies à toute allure!

Salem ( la peur au ventre ) : Que me voulez-vous alors ?

La voix : Rien homme, je viens te demander l’inverse : Que me veux-tu ?

 

Salem reprenant ses esprits, la voix curieusement le rassurait au fur et à mesure répondit «  J.. J’ai rien demandé…. je… je ne sais pas… »

 

Salem respira un bon coup, il aéra un moment son cerveau plus ou moins cartésien, resté figé dans sa boite crânienne, ne sachant plus dans quelle rubrique mettre cette étrange apparition audio. Il choisit la voie la plus rassurante, c’est une voix à la Don Camillo ( sacré Fernandel ), sympathique et inoffensive.

 

La voix : Allons Salem, parle..

Salem : Qui vous a dit que je m’appelais Salem ??

La voix : Tu as bien compris… parle maintenant,

Salem : De quoi voulez-vous que je parle ? Pourquoi voulez-vous que je parle ?

 

La voix : Parce que je te le demande, je sais que tu as beaucoup de choses sur le cœur, alors parle et finissons-en !

Salem ( piqué au vif ) : Je ne vous ai rien demandé, c’est vous qui êtes venu vers moi

La voix : Je sais, je sais, excuse moi, mais parle nom de …. !!!

Salem : De quoi ?

La voix : De ce qui te tourmente, des raisons majeures et mineures qui t’ont fait venir sous cet arbre..

Salem (reculant de l’arbre, et se retournant vers lui ) :… C’est.. toi.. l’arbre qui parle ?

La voix : As-tu déjà entendu un arbre parler ? Allez, ne te pose pas trop de questions, d’ailleurs c’est l’une des raisons qui te font fuir.. tu te poses trop de questions

 

Salem, se senti délivré subitement de toute pression, de toute peur, senti son corps et son cœur s’alléger, eu une très grande sérénité pendant un moment, s’adossa sous l’ombre de l’arbre en cette douce journée de printemps et sa langue se délia :

 

Salem : Il y a beaucoup de choses à laquelle je ne cesse de penser, des fois je me dis que ça n’est pas bien d’y penser, mais je ne peux m’en empêcher,

La voix : Comme quoi ?

Salem : Comment j’ai géré et je gère ma vie. Je ne l’avais pas prévu ainsi

La voix : Et tu aspirais à quoi ? N’oublie pas que tu es à WalouLand*

 

*Je ne donne pas de nom de pays pour ne pas faire de mauvaise publicité ( zaama ! )

 

Salem : Je l’avais planifié selon WalouLand, et le walou s’en est retourné contre moi. Chaque fois que je crois avancer, rien n’arrive ou bien, les choses arrivent contrairement à mes attentes,

La voix : Comme pratiquement tous les walouLandais, 

Salem ( sans avoir entendu la suite, n’attendait que cela ) : Je suis né et grandi dans une famille simple, mes parents ont tout fait pour m’assurer le meilleur avenir possible, je n’ai jamais eu à travailler lors de mes études et ..

La voix : Tu crois que tu aurais pu trouver un job pendant les vacances dans cette partie de mon mo.. enfin du monde ? voyons Salem, ça ne se passe pas comme ça ici !

Salem : Juste pour marquer le point vis à vis de mes parents, j’ai été assisté pendant presque 30 ans, jusqu’à ce que je puisse trouver un travail digne de se nom, je n’ai réussi à me trouver un logement qu’après mon mariage, il fallait que ma femme travaille également, une option à exiger avant les fiançailles.

La voix : C’est le prix de la modernité, et puis on est au 21ème siècle, qu’y a-t-il de mal à cela ? ça se passe plutôt bien pour toi,

Salem ( soupir )  : Oui, tu as probablement raison, mais j’aspirais à mieux il y a quelques années, les choses tardent à venir et d’autres se déroulent autrement que comme je l’avais souhaité…

La voix :  Dis les choses plus clairement, libère ta conscience Salem, j’ai pas que ça à faire !

Salem : Je subis plus que je ne vis. J’ai l’impression de subir la vie. Je n’en profite pas du tout, je ne suis bien nulle part… jusqu’à quand cela va durer. Dans mon boulot, je dois supporter toutes les fourberies de mes collègues, je dois distribuer des salamaleks aux gens que je n’apprécie pas spécialement, je ne peux même pas me donner quelques allures fières aux clients que je reçois vu qu’on se retrouve souvent faisant la pas de grue à attendre le bus et au pire, me battre pour une place debout… quelle humiliation ! Pourtant, je me voyais grand jadis…

 

La voix : Dis toi bien que tu n’es pas le seul à être dans cette situation, continue Salem, parle

 

Salem ( Continuant sur sa lancée ) : La routine me tue à petit feu, tous les jours c’est le même rituel, se lever à une heure fixe, aller au travail, faire des sourires, des fois des courbettes malgré moi, je fais l’âne pour manger l’avoine. Est-ce que cet avoine mérite-t-il d’être mangé, son goût me  fera-t-il oublier l’amertume de l’humiliation..

La voix : Voici un grand mot que tu utilises « humiliation », pourquoi tant de dureté envers toi Salem, veiller à garder son travail, n’est point humiliation.

Salem : Et pourtant c’est la cas, je me sens humilié à chaque fois que je dois me taire devant un mensonge avéré, à chaque fois que l’on me prend à témoin pour justifier l’injustifiable, et pour soulager le peu de conscience qui me reste, je me dis que je le fais pour ma famille, son bien être pour laver une vie faite toute de « petites » lâchetés,

 

La voix : Y’a-t-il plus noble pensée que de protéger sa famille.. malgré ce qu’il t’en coute.

Salem : Je ne me voyais pas finir comme ça….

La voix : Finir ? je ne l’ai pas encore déci… je veux dire que tu es encore à la force de l’âge, Salem, ta carrière n’est pas la seule raison de ton désarroi, il y a autre chose, parle encore…

Salem : Te dire quoi ? Que je ne suis pas à l’aise même au sein de ma propre famille ? Je n’arrive même pas à me l’avouer à moi-même, c’est tellement dur de se sentir étranger chez soi. Les enfants ont grandi, ma femme a depuis longtemps oublié qu’elle avait un mari et..

La voix : Ne voila-t-il pas un capricieux ? Pourquoi dis-tu que ta femme t’a oublié ?

Salem ( feignant ne pas avoir entendu la question, continue sur sa lancée ) : J’ai l’impression que mes enfants ne m’aiment pas, ils sont très proches de leur mère, je les vois souvent se regrouper à part dans une pièce, rigoler, partager des secrets auxquels je ne suis pas associé, c’est à peine s’il me lance un bonjour le matin et bonsoir quand je rentre du travail. Je ne suis qu’une caisse d’argent, un fournisseur comme ont dit dans ce bled.

La voix : Et ta femme, que lui reproches-tu ?

Salem : Elle ? rien.. je ne sais plus…depuis le temps qu’on ne se parle qu’à demi mots. On en a passé du temps à rêver, planifier quand on était encore un jeune couple sans argent. On s’est aimé aussi, beaucoup, du moins pour moi. Et depuis quelques années, ça n’est plus qu’une amie, je dirai plutôt une parente, qui habite ma maison. J’ai comme un vide à combler dans mon cœur, et cette pensée me rempli de tristesse,

La voix : Tu aurais préféré quoi ?

Salem : Avoir mes enfants de mon coté, les voir m’aimer. Désirer encore ma femme,

La voix : Peut-être que tu t’y es mal pris au tout début, le début Salem, tu t’en souviens ?

Salem : Et comment ne pas m’en souvenir, leur naissance, les regarder grandir, leurs premiers pas, leurs premières paroles, leur premier jour d’école…

La voix : Je t’arrête net Salem, ces mots sont ceux que tu entends dans les téléfilms de M6, suis branché moi également la haut ! Tu n’as pas vraiment participé à tout cela, Dahbiya était pratiquement seule à les élever

 

Salem, regardait encore une fois autour de lui en se disant, comment diable ( Oups ! ça n’est peut être pas le bon mot ! ) connaissait-il le prénom de sa femme. Mais puisque lui-même répondait à la voix invisible, autant ne plus se poser de questions et continuer à parler, ça faisait du bien de ne plus rien garder de ses peurs et de sa honte cachée.

 

Salem : Je n’ai pratiquement jamais donné le biberon à aucun de mes enfants, je ne les surveillais même pas dans leur scolarité, Dahbiya faisait tout. C’est comme si je comptais beaucoup sur son énergie et sa volonté, elle en a à en revendre, je l’avoue.

 

La voix : Il est donc normal et naturel que tes enfants aient plus de complicité avec leur mère, il n’est pas trop tard pour corriger le tir, en as-tu au moins le courage ?

Salem : Peut être trop d’orgueil, même avec mes enfants, quelle éducation de montagnard ai-je pu avoir ?! un orgueil très mal placé, avec mes enfants, ma femme. C’est comme si une certaine pudeur me retient par rapport aux sentiments que je pourrai ressentir ou exprimer envers eux.

La voix : Puisque tu sais tout ça, pourquoi n’essayes donc tu pas de changer les choses ?

Salem : Il est trop tard je crois

La voix : Pourquoi donc ?

Salem : Parce que tout se retourne contre moi, mes enfants ne m’apprécient pas, je pense qu’ils ne doivent pas se sentir à l’aise avec moi, dès que j’entame une discussion ou veux rentrer en complicité avec eux, je les sens se raidir, et du coup, je me fige moi également. J’ai du paraître trop sévère à leur jeune âge, je ne m’en suis pas rendu compte… pas du tout. Quant à ma femme, son sourire ne m’est plus adressé depuis un bon bout de temps dejà, j’ai l’impression de ne plus l’aimer comme avant

La voix : Salem, tu as fait un mariage de raison, alors, l’amour tu as dû le construire au fil du temps, tu peux refaire le chemin inverse,

Salem : Si je le veux vraiment.. là est toute la question

La voix : Que veux-tu vraiment ?

Salem : Tu tiens vraiment à l’entendre ?

La voix : Déballe ton sac !

Salem : Je ne veux plus monter dans le bus !! Je veux dire ses quatre vérités au dirlo, que normalement, dans un bled digne de ce nom, il ne mériterait même pas de surveiller une chèvre. Je voudrai ne plus devoir faire la queue au CCP pour avoir ma paye minable qui me fait honte, donné par un guichetier sans âme. Je voudrai que nos gouverneurs ne passent plus par nos routes à chaque fois qu’ils auront envie d’aller au toilettes, qu’ils créent des embouteillages monstres à cause d’espèce d’écervelés illuminés à qui on donne plein pouvoir. Je veux avoir ma propre voiture sans crédits, je veux acheter ce que bon me semble sans avoir à compter mes sous, j’aimerai pouvoir voyager là ou bon me semble sans avoir à montrer patte blanche et sans avoir à attendre que mes poils de barbe blanchissent à attendre à éventuel courrier d’un préposé au guichet qui verra si ma tronche lui sied ou pas. Je voudrai que nos concitoyens ne soient pas si cons que ça, qu’ils sachent sur quel pied danser, je sens en eux comme un patchwork de tous les amalgames de l’histoire récente et ancienne, tout a été désintégré, c’est comme une pyramide qui se tient en équilibre précaire sur son somme. Je voudrai qu……

La voix : Stop !! Tu sautes du coq à l’âne.. EWWW ??!! Tu me parlais de ton désespoir de regagner l’amour familial et tu me fais tout un discours politiquement orienté .. ne me crée pas de problème, S’IL TE PLAIT Salem !! Tu es sorti du sentier dans lequel on était, le sujet principal était ta famille et voila que tu me parles de tes problèmes subsidiaires…mais bon continue à parler ( ne cite pas de nom ), on y arrive

Salem : Continuer quoi ? à lister ce qui ne va pas ? je ne suis pas mieux moi non plus, suis comme eux….

La voix : A la différence, que toi tu en as conscience,

Salem : Et cela change quoi à la situation ?

La voix : Si tu en es conscient, tu pourras changer ce qui peut l’être

Salem : Changer mon dirlo, le guichetier, le peuple !!

La voix : Non, moi déjà, j’ai baissé les bras ça fait belle lurette, je te demande d’être egoiste pour une fois et de ne penser qu’à toi,

Salem : Prendre femme et foutre le camp de la maison !

 

La voix : ça se voit que tu es de WalouLand, tu ne penses qu’à ça !! Sois moins égoïste quand même, ne pousse pas le bouchon Salem !

Salem : Reprendre langue avec mes enfants et ma femme, reconstituer ma vie, avec un peu de courage, et moins d’orgueil j’y arriverai peut être,

La voix : Pourquoi-pas et puis avec un coup de pouce on va essayer d’arranger l’autre voie,

Salem : Laquelle ?

La voix : Celle de ton cœur à moitié vide… qui te rend encore plus triste et fragile à affronter les vicissitudes de la vie

Salem : Tu l’as vu sur M6 cette réplique ? tu peux faire mieux tu sais,

La voix : Moque toi de moi, tu es aigri.. je connais cela, c’est devenu à la mode sur ces terres du monde.. pourtant, je n’avais pas prévu cela sur mon planning, ça ne doit pas évoluer de cette façon, c’est pour ça que de temps à autre je fais des descente surprises pour constater par moi-même, et je constate.

Salem : Tu constates quoi ?

La voix : Que tu me dois plus de respect dejà homme !! mais, il est vrai que je ne t’ai pas présenté ma Carte d’Identité.

Salem : Et qu’est ce qu’elle dit ta carte d’identité ?

La voix : De ne pas t’inquiéter, de ravaler ta fierté et de te réveiller….. réveille toi Salem, réveille toi..

 

Salem sursauta, il se leva de l’arbre et appela la voix, personne ne lui répondit, sauf un miaulement de chat n’ayant que la peau sur les os, qui l’observait bizarrement, avec un air quémandeur lui faisant rappeler ses clients...

 

Salem, poussa un soupir et sourit, « ça n’était donc qu’un rêve » se dit-il, un drôle de rêve, il ramassa sa veste, jetée à coté de lui, s’épousseta et résolument, pris le chemin du retour, le seul qu’il connaissait, celui de Dahbiya et de ses enfants.

 

La voix : ça y’est il est parti ?

Ma voix off : C’est bon, tu peux sortir Dahbiya !!

 

 

 

 

 


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1. posté par sage54 le 27 March 2008 22:48:03.
bonsoir alilad.....la conscience est un feu vivant qui crepite au coeur meme de sa cendre .....
tres beau texte bien endigué , axé et merveilleusement alimenté
-selem entre naufrage et emerssion perd sa paix dans cet ecart que nous avons tous entre notre dedans et notre dehors ......
dans cette perte qui nous rend bohemien malgré nous l'errance est dure à admettre et, plus est d'etre sans jamais pouvoir se reconnaitre !
merci à toi de mettre ta VOIX POUR MONTRER LA VOIE
TAYEB

2. posté par sage54 le 06 April 2008 23:35:13.
j'ai encore relue ce beau texte , il y a en lui une verité qui s'avoue à tout homme .....
tayeb

3. posté par Amsevrid le 17 April 2008 23:54:57.
Dans la mesure que nous ne reconnaissons pas spontanément la vérité au sujet de nous-mêmes, au sujet de nos défauts, de nos erreurs, de nos torts, dans la mesure où nous essayons de projeter de nous-mêmes une belle image, qui ne correspond pas à la réalité, et cela souvent au détriment des autres, nos âmes sont malades ..Nous devrions les soigner et faire face à nos actes ... Merci pour ton texte Alilad


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